RDC: Le financement de la relance des entreprises publiques du portefeuille de l’État, est-ce une fatalité ? (Tribune de P. Onoya) 

A la veille de l’année électorale, force est de constater que le tableau que présentent les entreprises publiques du portefeuille de l’Etat Congolais est préoccupant. De façon générale, on rencontre les mêmes problèmes partout ; à savoir : vieillissement de l’outil de production, décompte final impayé depuis des décennies, arriérés de salaire, etc.

Face à cette situation désastreuse, le Ministère du Portefeuille a établi des plans de relance de certaines entreprises pour lesquelles ce dernier , jusqu’à présent ,peine à trouver le financement nécessaire pour leur mise en application.

A ce sujet, voici quelques chiffres :

– GECAMINES : 1 Milliard de dollars ;

– MIBA : 500 Millions de dollars ;

– Kisenge Manganèse : 300 Millions de dollars ;

– SNCC : 500 Millions de dollars.

Pour ne citer que celles-là.

Face à tableau sombre, une question se pose :

Le financement de la relance des entreprises publiques du portefeuille de l’État, est-ce une fatalité ?

Certainement NON !

Voici ce que nous disons :

Au-delà de toute impossibilité, il y a toujours une possibilité. A notre humble avis, il est juste question de changer de paradigme en ce qui concerne la compréhension de la finance par le gouvernement de la République Démocratique du Congo.

Stephen Covey, dans son livre « Les sept habitudes des personnes très efficaces », nous renseigne que le paradigme, c’est le système de pensée d’un individu qui agit en lui comme une boussole. Et que certaines possibilités ne seront jamais perçues par ce dernier, s’il ne change pas de paradigmes. Il appelle cela « PARADIGM SHIFT ».

En revenant à ce qui nous concerne et à notre humble avis, en application du concept de « PARADIGM SHIFT », nous pensons qu’il sera nécessaire au gouvernement de la République Démocratique du Congo de changer sa compréhension de la « FINANCE».

Ainsi, dans le cadre du changement de paradigme, la solution possible au problème du financement de la relance des entreprises publiques du portefeuille de l’Etat serait  de s’orienter vers la création des effets de levier.

En effet, l’effet de levier permet à une organisation d’atteindre ses objectifs d’investissement grâce, notamment, à « l’endettement ».

L’effet de levier doit respecter le principe de la « bonne dette », tel qu’énoncé par Robert Kiyozaki dans son livre « Père Riche, Père Pauvre ».

Pour cela, il faut commencer par distinguer la bonne dette de la mauvaise dette. Selon Robert KIYOZAKI, la bonne dette est celle qui peut être remboursée par l’activité pour laquelle la dette a été contractée. Et la mauvaise dette, par contre, est celle qui nécessitera un effort supplémentaire au créancier pour son remboursement.

Partant de ce qui précède, on peut établir les principes suivants :

– Primo : À travers l’effet de levier, il est possible de lever des fonds au niveau de la finance internationale pour les entreprises publiques dites « rentables » ; c’est-à-dire capable de rembourser les dettes qui seront contractées pour elles par leurs activités ;

– Secundo : Ceci est possible ! Il suffit que le gouvernement de la République démocratique du Congo considère cette possibilité ;

– Tertio : Il est juste question que le gouvernement de la RDC accepte d’intégrer de nouvelles approches en ce qui concerne la mobilisation des finances publiques ;

– Quarto : Le gouvernement de la RDC doit innover.

Pour finir, c’est dans le cadre d’une innovation organisationnelle que nous proposons la création d’un Ministère de l’Investissement qui se chargera, entre autres, de développer des méthodes alternatives de levée des fonds autre que le trésor public afin d’accroître la capacité de l’Etat à résoudre les problèmes sociaux de la population congolaise auxquels il est confronté ; notamment celui de la relance des entreprises publiques du portefeuille de l’Etat.

Patrick T. ONOYA

Lobbyiste et stratège en investissement

Initiateur de l’ASBL Action Fatshi 2023

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