Projet route Mbuji Mayi-Kananga: l’arbitrage de l’IGF risque d’entraîner une surfacturation de 348 millions $ (CREFDL)

Le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL) s’est penché sur la sortie médiatique de l’Inspection Générale des Finances au sujet d’un prétendu détournement des fonds alloués au projet de construction de la Route Nationale N°1 (RN1), dans son tronçon reliant la ville de Mbuji-Mayi à celle de Kananga.

Selon l’IGF, l’évaluation des travaux dénote que 3 millions USD seulement ont été déjà utilisés et requiert la poursuite des travaux avec les 24 millions de dollars qui auraient été détournés. Néanmoins, elle refuse de valider un nouveau paiement de 29 millions d’USD au profit de la Société SAMCRETE, chargée d’exécuter les travaux.

Dans un communiqué publié vendredi 27 octobre, CREFDL, une structure de la société civile spécialisée en finances publiques, souligne que le contrat signé au Caire, en Egypte entre le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI-RDC) et l’entreprise SAMCRETE ENGINEERS & CONTRACTORS (Egypte) porte sur les travaux de construction de la route revêtue de 188 Km sur la Route Nationale N°1 (RN1) dans son tronçon reliant la ville de Mbuji-Mayi à celle de Kananga pour un montant de 302.863.635,87 $ sous le contrôle et la surveillance de la firme GRAND GROUP International (Kossovo).

Pour la mise en œuvre du projet, explique la même source, l’article 12.5 du contrat prévoit le versement d’une avance de démarrage de 30% (90 millions $) du montant du marché et une garantie bancaire. Après négociation, le FPI a effectué un paiement de 9% (27 millions $) contre des coûts des lots I et II chiffrés à 41 108 903,90 USD, soit 65,6%. Un complément de 21%, soit 63 millions $ est toujours attendu jusqu’à ces jours. 

De son côté l’entreprise SAMCRETE a fourni une garantie bancaire d’un montant de 63 millions $ et n’attend que le décaissement des fonds pour accélérer les travaux sur terrain. 

Après la signature en octobre 2021 d’un avenant au contrat initial, les travaux proprement dits ont démarré le 20 février 2023. Selon CREFDL, ils consistent au traçage et au nivellement du sol.

« Plusieurs équipements sont déjà arrivés sur le site à Mbuji-Mayi hormis ceux qui sont bloqués à Matadi, Lubumbashi et Kinshasa. Le processus de dédouanement de tous ces matériels a été soumis au contrôle de l’IGF pour une durée moyenne de validation de deux mois. Jusqu’à ce jour l’IGF n’a jamais été validé. Ce qui bloque la poursuite des travaux », indique Valérie Madianga,  directeur de cette structure.

Au stade actuel, « SAMCRETE n’a pas encore présenté une facture des travaux exécutés comme sollicité par le FPI en attendant le déblocage de la totalité de l’avance de démarrage pour laquelle l’entreprise a déjà disponibilisé la garantie bancaire ».

CREFDL se demande comment l’IGF est-elle parvenue à dégager cet écart et à affirmer que les travaux réalisés indiqueraient 3.109.000,30 USD, soit un taux d’exécution de 11%.

De ce fait, Il demande à la Présidence de la République de demander à l’Inspection Générale des Finances de respecter les clauses du contrat signé entre Samcrete et le FPI. Quant au premier Ministre, CREFDL l’invite à prendre le lead du projet et à solliciter un audit complémentaire de la Cour des Comptes pour mettre un terme à cette guéguerre et de faire cesser cette dispute, qui risquerait d’entraîner une surfacturation du projet à environ 348 millions $.

In fine, l’Inspection Générale des Finances est appelée à œuvrer en toute neutralité et de ne pas se laisser tomber dans la manipulation au risque de conduire le pays à une condamnation à l’international.

Il sied de rappeler que ces travaux s’inscrivent dans le cadre du programme présidentiel accéléré de lutte contre la pauvreté et la réduction des inégalités.

Robert BUTARE 

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