Malgré le potentiel touristique indéniable de la République Démocratique du Congo, le gouvernement peine à générer des recettes significatives dans ce secteur. À peine 900 000 dollars sont mobilisés annuellement, et le tourisme ne contribue qu’à 1 % du produit intérieur brut du pays.
Ces chiffres ont été révélés par le ministre du Tourisme, Didier M’Pambia Bianshu, lors d’un briefing spécial organisé lundi 25 novembre, en collaboration avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya. Ces revenus proviennent principalement du Fonds de promotion pour le tourisme (FPT).
« Selon nos données, le secteur touristique contribue à peine à 1 % du PIB. Environ 500 000 touristes visitent le pays chaque année ; cependant, cela n’inclut pas ceux qui viennent pour affaires et profitent de leur séjour pour découvrir le pays. Nous ne comptons pas non plus la diaspora congolaise, qui, lors de ses visites, explore divers sites. En termes de statistiques, je ne peux pas vous fournir beaucoup de chiffres. Concernant les revenus, le FPT génère entre 800 000 et 900 000 dollars par mois, ce qui est très insuffisant pour un pays comme le nôtre, surtout quand des nations concurrentes réalisent des milliards grâce à un flux important de visiteurs », a-t-il expliqué.
À ce jour, le ministre du tourisme a assuré que son ministère s’emploie activement à augmenter cette mobilisation de recettes. Grâce à la numérisation dans le secteur aérien ainsi que dans les hôtels, les restaurants et les cafés, des revenus ont été captés, bien que ceux-ci restent limités.
« Nous avons lancé une première phase de numérisation au sein des compagnies aériennes, permettant de capter des revenus. Une seconde phase, touchant les hôtels et les restaurants, a également permis d’enregistrer des recettes, mais celles-ci sont encore insuffisantes. À Kinshasa, par exemple, sur près de 9 000 assujettis potentiels, seuls 300 à 400 s’acquittent réellement de leur redevance. Cela pose un problème que nous comptons résoudre grâce à la numérisation, avec un projet d’identification utilisant des téléphones numériques pour mieux identifier les assujettis, non seulement à Kinshasa, mais à l’échelle nationale. »
Au-delà de la collecte des taxes, le ministère du Tourisme envisage de développer des sources de revenus autour des parcs, avec l’initiative des villages touristiques.
« Les parcs existent, mais autour d’eux, il n’y a aucune activité. C’est pourquoi nous souhaitons instaurer ces villages touristiques, afin que ces aires protégées, plutôt que de rester des zones sans emplois pour les populations environnantes, deviennent des zones de création de revenus pour l’État et d’amélioration des conditions de vie des communautés rurales », a-t-il ajouté.
Quant aux avancées réalisées, le ministre Didier M’Pambia a mis en avant l’élaboration, sous son leadership, d’une Politique nationale du Tourisme en RDC. Il est convaincu que ce cadre juridique contribuera à renforcer et dynamiser le secteur touristique dans le pays.
Dostin Eugène LUANGE