Dans un communiqué publié mardi 4 mars, l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) que dirige le professeur Florimond Muteba alerte sur une grave crise de transparence et de gouvernance qui secoue le Service géologique national du Congo (SGN-C).
Cette structure citoyenne de contrôle des finances publiques révèle des dénonciations émanant de différentes sources, appuyées par des documents et témoignages crédibles, portant sur de sérieuses irrégularités dans la gestion des ressources humaines et financières de cette institution. En effet, ces dénonciations, provenant principalement des délégations syndicales, mettent en évidence une série de pratiques préoccupantes, notamment dans le recrutement, la promotion et l’affectation des agents, ainsi qu’une mauvaise gestion des fonds publics. À travers des courriers officiels adressés à la Direction Générale du SGN-C, les syndicats interpellent aussi le Ministre des Mines pour qu’il prenne des mesures urgentes en réponse à ces dysfonctionnements.
Les documents dénoncent de graves irrégularités dans le processus de recrutement, de promotion et d’affectation des agents. Selon ces révélations, le SGN-C semble avoir dérogé aux procédures légales, avec des recrutements effectués sans concours ni publicité des appels à candidatures. Des promotions sont également attribuées de manière discrétionnaire, sans respect des critères objectifs ni d’évaluation du rendement des agents, exacerbant ainsi les tensions internes et la méfiance parmi le personnel.
Néanmoins, ces pratiques de gestion sont accompagnées de préoccupations relatives à l’utilisation des ressources financières. Les dénonciations pointent notamment une mauvaise gestion des fonds publics, ce qui met en péril non seulement la viabilité de l’institution, mais aussi la confiance des agents et du public dans le fonctionnement du SGN-C.
De l’avis de l’ODEP, les conséquences de cette mauvaise gestion sont visibles au quotidien. Les conditions de travail des agents se détériorent, et les retards récurrents dans le paiement des salaires ont provoqué un climat de frustration parmi les employés. Certains agents signalent même des salaires impayés, ce qui nuit à la stabilité financière du personnel et aggrave les tensions internes.
Le manque de dialogue avec les représentants syndicaux, malgré des demandes répétées, est également un facteur aggravant. L’ONG experte en finances publiques note aussi que le SGN-C semble ignorer l’importance d’une concertation régulière avec les syndicats, ce qui contribue à un climat de méfiance généralisée et menace la paix sociale au sein de l’institution.
Face à ces révélations, l’ODEP exige des mesures immédiates pour restaurer la gouvernance au sein du SGN-C. L’Observatoire demande l’ouverture d’une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur ces pratiques et en déterminer les responsables. Il exige également une révision des processus de recrutement et de promotion, afin de garantir l’équité, la transparence et le respect de la méritocratie.
L’ODEP appelle à la publication des résultats de l’enquête et à la mise en œuvre de recommandations visant à renforcer la bonne gouvernance au SGN-C. Il insiste également sur le respect des obligations sociales et salariales des travailleurs, comme le stipule le Code du Travail, afin de restaurer la confiance au sein de l’institution.
La première ministre, le ministre des Mines et les autorités compétentes sont invités à prendre des mesures urgentes pour rétablir la transparence et la gestion responsable au Service géologique national du Congo.
Prince OKENDE