Des organisations de la société civile en République démocratique du Congo ont proposé, mardi 24 février, une indemnisation globale de 6,68 millions USD, répartie entre compensations individuelles et réparation collective forfaitaire, à la suite de l’incident environnemental survenu en novembre 2025 sur un site minier de Lubumbashi, dans le sud-est du pays.
Les organisations ont rendu publique une note d’analyse experte portant sur les conclusions de la Commission interministérielle spéciale d’enquête relative au déversement des eaux du bassin de rétention de l’entreprise CDM à Joli Site. En effet, sur le plan financier, la Commission recommande une indemnisation globale de 6 682 067 USD, ventilée entre compensations individuelles et réparation collective forfaitaire, à laquelle s’ajoutent des pénalités pécuniaires estimées à 6 628 910 USD, d’après le communiqué du ministère des Mines.
Bien plus, ces organisations ont salué un travail « multidisciplinaire de haut niveau », conduit par des experts universitaires, des services techniques de l’État et des spécialistes indépendants en environnement, santé publique, droit et ingénierie minière.
Le rapport ministériel précise que la réparation ne se limite pas à une compensation financière. Il prévoit l’élaboration de plans d’urgence, la mise en œuvre d’un programme structuré de dépollution et de réhabilitation des sols et des eaux, l’installation de puits de surveillance et de stations de mesure de la qualité de l’air, ainsi que des travaux de drainage et de traitement des effluents.
La Commission fonde ses recommandations sur les textes légaux en vigueur, notamment le Règlement minier, la loi-cadre sur l’environnement et la législation relative à l’eau. Elle invoque le principe du pollueur-payeur et la responsabilité de l’entreprise pour les dommages causés aux personnes, aux biens et à l’environnement.
Concernant les impacts sanitaires différés, la note préconise une approche prudente mais structurée. Elle recommande la prise en charge des victimes potentielles sur une période d’au moins cinq ans, via un mécanisme indépendant et contradictoire.
La société civile suggère par ailleurs d’orienter une partie de la réparation collective vers des investissements structurants en santé publique, notamment la construction d’infrastructures sanitaires au profit des communautés affectées. Elle recommande également l’institutionnalisation d’un mécanisme permanent de suivi, de contrôle et de prévention des incidents miniers, chargé d’assurer l’exécution effective des obligations imposées à l’entreprise.
À travers cette note, les organisations signataires affirment leur volonté de garantir une réparation équitable, mesurable et durable, tout en contribuant au renforcement de la gouvernance environnementale dans un contexte minier sensible pour la province du Haut-Katanga.