Plus de 200 personnes ont trouvé la mort mercredi 3 mars sur les sites miniers de Rubaya, dans le territoire de Masisi, en province du Nord-Kivu, à la suite d’un éboulement d’une extrême gravité, selon un communiqué publié par le ministère des Mines.
« Le Ministère des Mines porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale qu’un éboulement d’une extrême gravité s’est produit, encore une fois, le 3 mars 2025, sur les sites miniers de Rubaya, territoire de Masisi, en province du Nord-Kivu », indique le communiqué.
Le bilan provisoire fait état de plus de 200 morts, dont environ 70 enfants mineurs, ainsi que de nombreux blessés évacués vers les structures sanitaires de Goma. Le ministère précise que cette catastrophe est intervenue à la suite de pluies diluviennes exceptionnelles, ayant provoqué un important glissement de terrain qui a englouti plusieurs galeries artisanales exploitées dans cette zone.
La situation est rendue particulièrement complexe par le fait que le site minier de Rubaya se situe dans une zone actuellement sous contrôle de la rébellion AFC/M23, ce qui limite fortement les capacités d’intervention des services de l’État pour secourir les exploitants miniers ensevelis sous la boue.
Dans son communiqué, le gouvernement congolais dénonce « avec la plus grande fermeté » les conditions d’exploitation précaires imposées aux populations civiles dans les zones échappant au contrôle de l’État. Il souligne notamment que l’absence forcée du Service d’assistance et d’encadrement des mines artisanales et à petite échelle (SAEMAPE) ainsi que d’autres services de régulation, conséquence directe de l’insécurité liée à l’agression dans l’est du pays, prive les exploitants artisanaux de tout encadrement sécuritaire élémentaire.
Des mesures préventives déjà prises par le gouvernement
Le ministère rappelle par ailleurs que le gouvernement avait anticipé les risques liés à l’exploitation minière dans cette zone en procédant au reclassement du site minier de Rubaya en « zone rouge », conformément aux mécanismes internationaux de traçabilité des minerais.
Ce reclassement a été acté par l’arrêté ministériel n°00031/CAB.MIN/MINES/01/2025 du 12 février 2025, puis prorogé par l’arrêté n°00734/CAB.MIN/MINES/01/2025 du 3 novembre 2025.
Selon le ministère, cette décision s’inscrit dans le respect des normes du Mécanisme régional de certification de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ainsi que du Guide de l’OCDE sur les chaînes d’approvisionnement responsables en minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque.
Le statut de « zone rouge » entraîne notamment l’interdiction formelle de toute activité d’extraction et de commercialisation de minerais, afin d’alerter la communauté internationale sur les risques de violations des droits humains, de travail forcé et de présence de groupes armés dans la zone.
Sur le plan humanitaire, le ministère des Mines indique que sa division délocalisée à Beni assure le suivi de la situation et reste en coordination avec les partenaires humanitaires, notamment en ce qui concerne la protection des enfants affectés par cette catastrophe.
Le gouvernement estime par ailleurs que ce drame rappelle « l’urgence absolue » du rétablissement de l’intégrité territoriale de la RDC, condition nécessaire pour mettre fin à l’exploitation illégale et dangereuse des ressources naturelles dans certaines zones de l’est du pays.