La Banque mondiale étudie la possibilité d’étendre le projet Transforme le long du corridor de Lobito, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, afin de renforcer l’intégration entre investissements en infrastructures et développement du tissu entrepreneurial local.
Cette perspective a été évoquée par Zouhour Karray, spécialiste principale du secteur privé à la Banque mondiale, à l’issue d’une mission de deux semaines en RDC. Dans un entretien diffusé le 6 mars sur la chaîne YouTube du projet, elle a indiqué que cette réflexion s’inscrit dans une approche de développement économique structurée autour des corridors logistiques.
L’objectif est de favoriser l’émergence d’écosystèmes entrepreneuriaux capables de tirer parti des investissements réalisés dans les infrastructures de transport et de commerce. Outre le corridor de Lobito, l’institution financière internationale examine également le potentiel du corridor du Kongo Central ainsi que d’un axe reliant Mbuji-Mayi à Bukavu, présenté comme un « corridor de la paix ».
Selon les premières analyses, cinq villes situées dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba ont été identifiées : Lubumbashi, Likasi, Kolwezi, Fungurume et Mutshatsha. Cette sélection demeure toutefois provisoire et pourrait évoluer à l’issue des évaluations en cours.
La mission conduite par la Banque mondiale visait notamment à analyser l’écosystème entrepreneurial local, le potentiel économique de la zone ainsi que les besoins des petites et moyennes entreprises, des start-up, des femmes entrepreneures et des micro-entrepreneurs. « Nous aurons une meilleure visibilité, dans les prochaines étapes, sur les instruments qui seront effectivement déployés au niveau provincial, ainsi que sur les opportunités d’appuyer des réformes du climat des affaires à l’échelle provinciale », a expliqué Zouhour Karray.
La phase de préparation de cette extension potentielle devrait se poursuivre jusqu’en juin 2026. La Banque mondiale envisage, dans cette perspective, d’allonger de deux années la durée de vie du projet et d’y adjoindre un financement additionnel afin d’accompagner ce changement d’échelle.
Approuvé en mai 2022 pour un montant de 300 millions de dollars, le projet Transforme vise à soutenir la croissance des micro, petites et moyennes entreprises, notamment celles détenues ou dirigées par des femmes. Il prévoit des mécanismes de subventions, des dispositifs facilitant l’accès au financement et des réformes destinées à améliorer le climat des affaires. Le projet doit actuellement s’achever le 30 septembre 2027.
En février 2025, le coordonnateur national du programme, Alexis Mangala, avait indiqué que les interventions concernaient principalement Bukavu, Bunia, Goma, Kananga, Kinshasa et Mbuji-Mayi, ainsi que le corridor Kasangulu-Muanda comprenant Kasangulu, Kisantu, Mbanza-Ngungu, Kimpese, Matadi, Boma et Muanda.
Dans ce contexte, l’extension envisagée vers le corridor de Lobito constituerait une nouvelle phase de déploiement du projet plutôt qu’un simple ajustement de son périmètre initial.
Célestin KAZADI