La République démocratique du Congo (RDC) a officiellement donné son feu vert à l’acquisition de Chemaf SA, société minière spécialisée dans l’extraction de cuivre et de cobalt, par Virtus Minerals Inc, entreprise américaine dirigée par d’anciens militaires et agents de renseignement. Selon des sources citées par Bloomberg, Louis Watum, ministre congolais des Mines, a informé Virtus la semaine dernière que l’État approuvait le rachat.
L’information n’a pas été rendue publique, mais des sources proches du dossier l’ont confirmée sous couvert d’anonymat. Chemaf avait été mise en vente en 2023, après avoir rencontré des difficultés financières dans la construction de l’une des plus grandes mines de cobalt au monde.
Dans le cadre de cet accord, Virtus Minerals a accepté de verser 30 millions de dollars pour les parts de Chemaf et prévoit des investissements additionnels de 750 millions de dollars afin de finaliser les projets en suspens. L’entreprise reprendra également les dettes de Chemaf, notamment celles envers le groupe Trafigura, qui avait accordé en 2022 un prêt de 600 millions de dollars pour soutenir la construction de la mine phare de Mutoshi et l’expansion de ses activités à Etoile.
Un test stratégique pour le partenariat RDC–USA
La transaction constitue l’un des premiers tests concrets du partenariat conclu en décembre dernier entre Washington et Kinshasa. Cet accord accorde aux investisseurs américains un accès privilégié à certaines des ressources stratégiques du Congo, parmi lesquelles le cuivre, le cobalt, le lithium et le tantale. La RDC, acteur incontournable dans le marché mondial des métaux critiques, répond ainsi aux ambitions des États-Unis visant à sécuriser les approvisionnements et à réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine pour les produits minéraux essentiels.
Virtus Minerals, dirigée par d’anciens responsables militaires et du renseignement américains, a signé en février un accord de vente avec les administrateurs représentant près de 95 % des actions de Chemaf. La législation congolaise exige que tout changement de contrôle des entreprises locales détentrices de permis miniers obtienne l’approbation du gouvernement, condition remplie par cette transaction.
La Gécamines, un acteur clé
La compagnie minière nationale congolaise, la Gécamines, a exercé une influence déterminante sur l’opération, détenant un permis essentiel que Chemaf loue pour le développement du gisement de Mutoshi, dans la province du Lualaba. La société avait précédemment renoncé à un accord avec une entreprise publique chinoise après le refus du gouvernement de délivrer les autorisations nécessaires, illustrant l’importance stratégique de l’État dans le contrôle des ressources nationales. Pour l’heure, ni le ministère des Mines de la RDC, ni Chemaf, ni Virtus Minerals n’ont souhaité commenter cette opération.
Luinyx