Face aux allégations de pollution de l’air visant la société Tenke Fungurume Mining (TFM), le ministre des Mines Louis Watum a convoqué la compagnie et annoncé le déploiement d’une mission d’expertise conjointe sur le terrain. La décision fait suite à des accusations relayées par des médias et par l’opposant Moïse Katumbi concernant des impacts sanitaires présumés sur les populations de Fungurume, dans la province du Lualaba.
Des mesures administratives et techniques annoncées
Dans un communiqué publié jeudi 19 mars, le ministre des Mines Louis Watoum a détaillé les premières mesures prises à l’issue d’une réunion interne. TFM a été formellement convoquée afin de produire les éléments techniques attestant du respect de ses obligations environnementales.
En parallèle, une mission conjointe composée d’experts des services habilités sera dépêchée sur site pour procéder à des analyses portant sur la qualité de l’air, la conformité des rejets et le respect des normes environnementales et sociales.
Une réunion de concertation s’est déjà tenue le 18 mars 2026 au cabinet du ministre, sous la supervision de son directeur de cabinet, avec la participation des services techniques des ministères des Mines et de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat.
Le ministère a tenu à recadrer le débat public, rappelant que les activités minières en RDC sont encadrées par le Code minier, modifié par la loi n° 18/001 du 9 mars 2018, ainsi que par le règlement minier en vigueur. Ces textes imposent aux opérateurs le respect strict des études d’impact environnemental et social (EIES), des plans de gestion environnementale et sociale (PGES), ainsi que des obligations de prévention, d’atténuation et de réparation des dommages.
« À ce stade où les informations relayées reposent essentiellement sur des allégations non vérifiées, le gouvernement tient à souligner qu’aucune conclusion ne saurait être tirée en dehors des procédures techniques et scientifiques établies », a précisé le communiqué.
Un rapport public et des sanctions potentielles
Le ministère s’est engagé à rendre publics les résultats de la mission d’inspection. Le cas échéant, des mesures administratives, environnementales et/ou judiciaires pourront être prononcées conformément aux lois de la République. L’institution a réaffirmé l’attachement du gouvernement au principe de responsabilité des opérateurs miniers et à la protection des populations riveraines.
TFM, filiale du groupe chinois CMOC, exploite l’un des plus grands gisements mondiaux de cuivre et de cobalt en RDC. L’affaire intervient dans un contexte de pression croissante sur les majors minières opérant dans le Lualaba quant à leur empreinte environnementale et sociale.
Luinyx