Quarante-deux ans après le dernier exercice du genre, la République démocratique du Congo a réuni ses partenaires techniques et financiers à Kinshasa pour boucler le financement du RGPH2.
La table ronde des bailleurs de fonds pour le financement du deuxième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2) s’est tenue lundi 23 mars 2026 à Kinshasa, sous l’égide du ministère du Plan et de la Coordination de l’aide au développement. À l’issue des travaux, les partenaires présents ont annoncé une contribution globale estimée à plus de 200 millions de dollars américains.
L’événement a été ouvert et clôturé par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, qui a placé l’opération dans une perspective de gouvernance. « Un pays qui ne se connaît pas ne peut pleinement se gouverner ; un pays qui ne se compte pas ne peut correctement se planifier », a-t-il déclaré, soulignant que continuer à planifier sans données démographiques fiables et actualisées reviendrait à « gouverner sans visibilité ».

L’initiative intervient dans un contexte démographique marqué par une croissance rapide : la population congolaise est passée d’au moins 30 millions d’habitants en 1984 — date du premier et unique recensement général — à près de 112,8 millions aujourd’hui, soit plus de quatre décennies sans données exhaustives sur la structure de la population.
Le RGPH2 est présenté par les autorités comme un instrument transversal, au service des grandes réformes engagées depuis 2019, notamment la gratuité de l’enseignement de base, la couverture santé universelle, la gratuité de la maternité et le Programme de développement local des 145 territoires.
En clôturant les travaux, le chef de l’État a remercié l’ensemble des partenaires techniques et financiers, ainsi que le Système des Nations unies, adressant une mention particulière à la Côte d’Ivoire pour son accompagnement dans ce processus.
Célestin KAZADI