Chemaf Resources, l’opérateur des mines de cuivre et cobalt Etoile et Mutoshi en République démocratique du Congo, envisage d’arrêter ses opérations d’ici fin novembre, alors qu’il peine à trouver un nouveau partenaire pour le financer. Cette mesure a été annoncée par son président Shiraz Virji dans un courriel évoqué par Bloomberg. Elle alimente plus largement l’incertitude sur l’avenir des quelque 4300 salariés congolais que l’entreprise indique employer sur son site web.
Depuis 2023, Chemaf a lancé des démarches pour s’associer avec un nouvel investisseur, lequel devrait l’aider à solder ses dettes et soutenir ses activités en RDC. Le chinois Norinco, qui s’était positionné avec une offre de 1,4 milliard USD, a renoncé à la transaction en mars dernier face au blocage de la compagnie minière publique Gécamines. Propriétaire initiale du bail minier d’Etoile et Mutoshi, cette dernière avait aussi fait une offre avoisinant 1 million USD pour récupérer lesdits actifs.
Une démarche qui semble ne pas avoir abouti, puisque Shiraz Virji indique que sa société est toujours à la recherche d’un « investisseur approprié ». Toutefois, compte tenu de difficultés financières persistantes, Chemaf veut, apprend-on, cesser ses activités d’ici les deux prochains mois « si aucun investisseur n’est en place ». Aucun détail n’a été apporté concernant la gestion du personnel des deux mines en prévision d’un arrêt.
Plus tôt en août dernier, la société affirmait que les opérations se poursuivent « lentement, en attendant la conclusion du processus d’investissement en cours ». Une déclaration qui laisse supposer une baisse de rythme sur les sites concernés, sans pour autant spécifier les réelles implications de cette stratégie. Reste à voir l’évolution de la situation au cours des prochaines semaines, pour en évaluer l’impact sur les employés.
La sécurisation d’un éventuel investisseur par Chemaf pourrait non seulement contribuer à maintenir les emplois, mais aussi faire avancer les travaux visant à optimiser les productions d’Etoile et Mutoshi. La société ambitionne en effet d’atteindre une production annuelle combinée de 75 000 tonnes de cuivre et 20 000 tonnes de cobalt grâce aux deux mines.
P. OKENDE