Glencore a annoncé le 18 février la signature d’un accord avec Gécamines visant l’accès à des terrains situés autour de la mine de cuivre-cobalt Kamoto Copper Company (KCC). L’objectif est de prolonger la durée de vie du complexe minier jusqu’au milieu des années 2040, alors même que le groupe suisse envisage de réduire sa participation dans le premier producteur africain de cuivre.
L’accord permettra à KCC d’étendre ses capacités de stockage de résidus et de dépôts de stériles. En 2024, Glencore a obtenu le renouvellement pour 15 ans des permis miniers du site, soit jusqu’en 2039. L’accès aux nouveaux terrains devrait permettre d’optimiser l’exploitation des réserves et de prolonger l’activité au-delà de cette échéance.
La mine a produit 188 700 tonnes de cuivre en 2025. À long terme, l’opérateur vise une hausse significative de ce volume. « Cet accord nous permettra de libérer tout le potentiel de KCC (…) et d’atteindre un objectif d’environ 300 000 tonnes de cuivre par an », a indiqué Mark Davis, directeur des opérations cuivre Afrique de Glencore.
Selon les termes convenus, Gécamines conserve les droits sur les réserves extraites dans le périmètre loué. La finalisation de l’accord reste conditionnée à l’enregistrement des baux au cadastre minier, attendu dans les prochains mois.
Restructuration de l’actionnariat en toile de fond
Cet accord intervient alors que Glencore a signé un protocole avec l’américain Orion Resource Partners (via Orion Critical Minerals) pour céder 40 % d’intérêts dans ses mines congolaises.
À la mine de Mutanda, contrôlée à 95 %, l’opération ne devrait pas remettre en cause le contrôle majoritaire du groupe. En revanche, une cession équivalente dans KCC ramènerait la participation de Glencore à 30 %, au même niveau que Gécamines. Orion obtiendrait par ailleurs un droit proportionnel sur la production, réduisant la part attribuable au groupe suisse.
Ces évolutions ont alimenté les spéculations sur un recentrage géographique des investissements de Glencore hors RDC. L’accord annoncé suggère toutefois une stratégie différente : l’augmentation de la production et la prolongation de la durée de vie de KCC permettraient d’atténuer l’impact d’une réduction de participation.
Défis persistants pour l’opérateur
Malgré cet ancrage durable, l’environnement opérationnel demeure complexe. Les tensions récurrentes avec l’administration fiscale sur les taxes et redevances, ainsi que la baisse de production observée entre 2022 et 2024, ont alimenté les incertitudes chez certains investisseurs.
Le secteur a également été marqué par l’embargo imposé durant la majeure partie de 2025 sur les exportations congolaises de cobalt. Bien qu’un système de quotas ait remplacé cette interdiction, le volume autorisé à l’exportation en 2026 (22 800 tonnes) reste inférieur à la production de 2025 (33 600 tonnes).
Dans ce contexte, Glencore privilégie désormais la production de cuivre au cobalt en RDC. Sa capacité à gérer ces contraintes réglementaires et opérationnelles devrait être déterminante pour la trajectoire à long terme du groupe dans le pays.