En marge de la 14e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui s’ouvre ce jeudi 26 mars 2026 dans la capitale camerounaise, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a porté plusieurs revendications structurantes pour l’économie de la République démocratique du Congo.
Lors d’une réunion de haut niveau organisée ce mercredi à Yaoundé par le ministère du Commerce de la République populaire de Chine sur l’accélération de l’industrialisation africaine par les investissements chinois, le ministre Wang Wentao a annoncé que Pékin s’engage à mobiliser des financements en faveur de l’agriculture, de l’industrialisation et de la construction d’infrastructures commerciales sur le continent africain. Une promesse qui intervient alors que l’Afrique, considérée comme l’un des plus grands marchés émergents du monde, peine encore à tirer pleinement profit du commerce multilatéral.

C’est dans ce cadre que Julien Paluku Kahongya a plaidé pour un approfondissement de la coopération économique et commerciale entre Kinshasa et Pékin. Le ministre a mis en relief trois axes prioritaires : le développement des Zones économiques spéciales (ZES), la transformation locale des minerais et des produits agricoles, ainsi que le transfert d’expertise chinoise en matière de commerce électronique et de digitalisation des procédures douanières — du pré-dédouanement au post-dédouanement.
Sur ce dernier point, Paluku Kahongya a rappelé que si la RDC bénéficie déjà d’un accord commercial avec la Chine permettant à plusieurs produits d’origine congolaise — cacao, café, piment, soja et sésame — d’accéder au marché chinois en franchise de droits de douane, cet avantage reste sous-exploité faute d’une maîtrise suffisante des normes d’importation chinoises.
Il a appelé à un accompagnement technique ciblé pour permettre aux exportateurs congolais de se conformer à ces exigences et de concrétiser les opportunités offertes par cet accord. En marge de ces échanges sino-africains, les ministres du Commerce des Pays les moins avancés (PMA) se sont également réunis pour définir des politiques publiques susceptibles de renforcer la compétitivité de leurs produits sur les marchés mondiaux. La RDC y a une nouvelle fois défendu l’industrialisation comme levier de création de valeur ajoutée, la diversification économique et un commerce multilatéral équitable.
De son côté, la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a exhorté les États africains à bâtir des stratégies de coopération commerciale véritablement gagnant-gagnant, dans un contexte mondial marqué par les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et la reconfiguration des flux commerciaux.
La 14e Conférence ministérielle de l’OMC réunit à Yaoundé les ministres du Commerce de l’ensemble des pays membres de l’organisation.