En déplacement à Bandundu-ville dans le cadre de la 13ᵉ Conférence des gouverneurs, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a appelé le gouvernement à accélérer les investissements publics dans les infrastructures clés de la province du Kwilu, identifiées comme un frein majeur à son potentiel économique.
Selon le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya, à l’issue d’une itinérance à Bandundu et Kikwit, le chef de l’État a constaté que nonobstant ses importantes potentialités agricoles et économiques, le Kwilu reste pénalisé par des contraintes structurelles persistantes.
Au cœur des préoccupations figure la dégradation avancée de la route nationale n°17, notamment sur l’axe Mongata-Bandundu, corridor stratégique reliant Kinshasa à l’espace du Grand Bandundu.
« Au regard des informations recueillies et des observations faites sur le terrain, il ( Président de la République, ndlr) a constaté que, malgré les importantes potentialités agricoles et économiques dont regorge la province du Kwilu, plusieurs contraintes structurelles continuent d’en freiner le plein essor. Parmi celles-ci figurent l’état de dégradation avancée de la route nationale n°17 sur les tronçons Mongata-Bandundu, axe stratégique reliant Kinshasa à l’espace du Grand Bandundu, ainsi que la partie vers Kikwit. Cette situation entrave la circulation des personnes et des biens, ainsi que l’évacuation des produits agricoles vers les centres de commercialisation et de consommation. Au-delà des infrastructures routières, la transformation de nos infrastructures portuaires en véritables moteurs de développement demeure également une exigence », rapporte le compte rendu du conseil des ministres.
Au-delà du réseau routier, l’exécutif entend repositionner les infrastructures portuaires comme leviers de croissance. Le port de Bandundu, doté de six silos et couvrant une vaste zone économique, reste sous-exploité.
« Cette infrastructure fonctionne aujourd’hui en deçà de son potentiel, faute d’investissements et d’équipements modernes », a constaté le Président de la République.
Sur le plan énergétique, l’opérationnalisation de la centrale hydroélectrique de Kakobola est perçue comme un tournant. « Son exploitation effective constitue un levier majeur pour le développement économique local et l’attraction des investissements privés », a-t-il affirmé.
Dans ce contexte, Félix Tshisekedi a instruit le gouvernement, sous la coordination de la Première ministre, de diligenter un état des lieux de la RN17 et de proposer des mesures urgentes pour sa réhabilitation, ainsi que celle des routes de desserte agricole. Le ministère des Transports est, de son côté, chargé de moderniser le port de Bandundu afin d’en faire « un hub du transport fluvial et du commerce intérieur ».
Le secteur énergétique est également concerné, avec des instructions visant l’assainissement du réseau de Kakobola pour garantir « une desserte électrique régulière, fiable et permanente ». Dans la foulée, Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité de créer un environnement favorable aux affaires.
Il a ainsi appelé à la mise en place de mesures incitatives « fiscales et administratives » pour attirer les investisseurs, réduire le coût de l’électricité et soutenir l’implantation d’unités de transformation. Objectif affiché : « valoriser les productions locales, structurer les chaînes de valeur et dynamiser l’économie régionale ».
Célestin KAZADI