Près d’un Congolais sur quatre peine aujourd’hui à couvrir ses besoins alimentaires de base. C’est le constat dressé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) dans un communiqué conjoint publié mercredi 13 mai 2026, dont une copie a été consultée par DosEco.cd. Selon la dernière mise à jour de l’analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), 26,5 millions de personnes sont concernées en République démocratique du Congo, dont 3,6 millions en situation d’urgence.
“La République démocratique du Congo continue de faire face à l’une des crises de la faim les plus graves et les plus étendues au monde. Aujourd’hui, plus de 26,5 millions de personnes — soit près d’un Congolais sur quatre — peinent à satisfaire leurs besoins alimentaires de base, selon la dernière mise à jour de l’analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC). Parmi ces personnes, plus de 3,6 millions de personnes se trouvent en situation d’urgence, confrontées à des pénuries alimentaires critiques qui menacent directement leur survie en l’absence d’une assistance urgente”, lit-on dans le communiqué.
Les deux agences onusiennes notent une légère amélioration par rapport à leurs estimations précédentes, mais soulignent que la situation demeure plus dégradée qu’entre septembre et décembre 2025, période durant laquelle 24,8 millions de personnes étaient classées en phase de crise ou au-delà. Une trajectoire qui confirme, selon elles, le caractère structurel et prolongé de la crise.
Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika concentrent les indicateurs les plus dégradés. Conflits armés, destruction des moyens de subsistance, blocage des marchés et restrictions d’accès aux terres agricoles y entretiennent un cycle de précarité que la FAO et le PAM jugent difficile à enrayer sans assistance accrue. À l’échelle nationale, le pays compte plus de 7,8 millions de déplacés internes.
À ces facteurs s’ajoutent des prix alimentaires durablement élevés, des chaînes d’approvisionnement fragilisées et la résurgence d’épidémies (choléra, rougeole, Mpox) qui pèsent sur des communautés déjà exposées.
4,18 millions d’enfants à traiter contre la malnutrition aiguë
Sur le volet nutritionnel, les besoins sont massifs. Entre janvier et juin 2026, 4,18 millions d’enfants de moins de cinq ans devraient nécessiter une prise en charge contre la malnutrition aiguë, dont plus de 1,3 million présentent ou risquent de développer une forme sévère. Plus de 1,5 million de femmes enceintes ou allaitantes sont également concernées.
Côté opérations, la FAO appuie en 2026 quelque 55 500 familles dans les quatre provinces de l’Est, via une enveloppe de 10 millions $ mobilisée auprès du Fonds humanitaire pour la RDC. L’agence indique avoir besoin de 163 millions $ supplémentaires pour intensifier son appui agricole avant la fin des périodes critiques de semis.
« Chaque saison agricole manquée accroît la dépendance à l’aide humanitaire », souligne Athman Mravili, Représentant par intérim de la FAO en RDC, cité dans le communiqué.
De son côté, le PAM a atteint près de 1,3 million de personnes depuis janvier 2026 par le biais de distributions alimentaires et de transferts monétaires, et 389 000 enfants et mères ont bénéficié d’un appui nutritionnel entre janvier et mars. Des volumes très en deçà des besoins identifiés, freinés par l’insécurité et par un déficit de financement chiffré à 214 millions $ jusqu’en octobre.
Les deux agences plaident pour une approche à double volet, combinant l’assistance vitale immédiate à un soutien structurel à l’agriculture, aux moyens de subsistance et aux systèmes alimentaires, conditionné à un accès humanitaire sûr et durable.
DosEco