Le gouvernement congolais a attribué un marché de 2 millions d’euros (2,3 millions de dollars) au cabinet Rothschild & Cie pour l’accompagner dans la structuration de sa première émission d’eurobond, selon un document officiel consulté par l’Agence Ecofin.
La décision, signée mardi 24 mars par le ministère des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi prévoit une rémunération de 500 000 euros par trimestre sur une durée de douze mois, dans le cadre d’une procédure de gré à gré justifiée par « l’urgence » du projet.
Une première incursion stratégique sur les marchés internationaux
Cette mission s’inscrit dans un processus de préparation de l’entrée de la RDC sur les marchés internationaux de capitaux, une opération inédite pour le pays. Kinshasa prévoit de lever environ 750 millions de dollars lors d’une première émission attendue dès avril 2026, dans le cadre d’un programme global pouvant atteindre 1,5 milliard de dollars.
Les fonds mobilisés devraient financer des projets d’infrastructures stratégiques, notamment dans les transports, l’énergie et la connectivité, alors que les besoins de financement du pays sont estimés à près de 3 milliards de dollars pour l’année 2026.
Selon plusieurs sources concordantes, l’opération est structurée par Citigroup, avec l’appui local de Rawbank, tandis que Rothschild intervient comme conseiller financier sur la structuration et la préparation de l’émission.
Pour les autorités congolaises, l’enjeu dépasse la seule levée de fonds. Il s’agit aussi de tester l’appétit des investisseurs internationaux et de poser les bases d’un accès régulier aux marchés obligataires. « Nous avons l’intention d’émettre plusieurs eurobonds à l’avenir », a indiqué le ministre des Finances, selon des propos rapportés par Bloomberg.
Le contexte apparaît relativement favorable, avec une inflation maîtrisée autour de 2 % et un ratio dette/PIB estimé entre 18 % et 20 %, parmi les plus faibles d’Afrique. Toutefois, en tant que primo-émetteur classé en catégorie spéculative, la RDC pourrait devoir offrir des rendements à deux chiffres pour attirer les investisseurs.
AE