Les députés nationaux ont déclaré recevables, lors de la séance plénière du mercredi 27 mai 2026, deux projets de loi portant respectivement sur le contenu local et la réforme de la sous-traitance en République démocratique du Congo. Présentés par le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo, ces textes ont été transmis à la commission Économie et Finances (Ecofin) de l’Assemblée nationale, présidée par le député Guy Mafuta Kabongo.
Dans une interview accordée à la presse, le président de la commission Ecofin a fait savoir que l’enjeu dépasse le cadre d’une simple réforme législative. « Ce sont des projets extrêmement importants, et je dirais même qu’ils relèvent d’un courage politique sans pareil », a-t-il déclaré.
Selon lui, une part importante de la valeur générée par l’exploitation des ressources et des opportunités économiques du pays continue d’échapper aux Congolais, au profit d’opérateurs étrangers qui importent parfois jusqu’à la main-d’œuvre. Il inscrit cette démarche dans une dynamique déjà observée ailleurs sur le continent, estimant que l’émergence d’acteurs économiques nationaux repose sur une politique volontariste de promotion du contenu local. À ses yeux, la RDC dispose déjà des atouts nécessaires : une main-d’œuvre disponible, des capacités de prestation de services et des capitaux.
« Si aujourd’hui vous voyagez, si vous allez ailleurs, dans tous les pays qui voient leurs nationaux évoluer sur le plan économique, vous avez des exemples — je ne citerai pas ici les Dangote au Nigeria, en Afrique du Sud n’en parlons pas, en Ouganda, partout — c’est parce qu’il y a ce qu’on appelle le local content, le contenu local. Au Congo, il y a la main-d’œuvre ; au Congo, il y a la possibilité de trouver des services ; au Congo, il y a également des capitaux. Et donc ces deux projets de loi, qui sont pratiquement de même nature, visent à permettre à tout Congolais d’accéder, sur le plan économique, aux dividendes de son pays en tant qu’entrepreneur dans la sous-traitance, et également de recourir à ce que le Congolais lui-même produit au Congo. Il est anormal que certains services ne puissent être exécutés que par les expatriés. Le petit commerce, la sous-traitance : les Congolais peuvent également apporter quelque chose », a affirmé le député Guy Mafuta.
L’élu national a également salué un amendement porté par son collègue Serge Mukendi Fontshi, prévoyant de réserver au moins 51 % des marchés publics aux opérateurs congolais — une mesure qu’il considère comme un levier important pour renforcer l’entrepreneuriat national et favoriser une meilleure redistribution des retombées économiques.
Le régime des sanctions a fait l’objet d’une attention particulière lors de l’examen des textes. Pour Guy Mafuta, « une loi sans sanction n’est pas une loi ». Il juge insuffisantes les amendes forfaitaires actuellement prévues, estimant qu’elles restent sans effet face à des entreprises réalisant des chiffres d’affaires de plusieurs milliards de dollars. La commission a donc privilégié des sanctions proportionnelles aux bénéfices ou au chiffre d’affaires des contrevenants, avec un durcissement des mesures en cas de récidive.
Tout en reconnaissant l’importance du climat des affaires dans un contexte ouvert aux investissements étrangers, la commission affirme avoir recherché un équilibre entre attractivité économique et protection des intérêts nationaux. Pour Guy Mafuta, l’objectif demeure clair : faire en sorte que les richesses générées par l’économie congolaise profitent davantage aux citoyens du pays. « Le Congolais doit tirer les dividendes de son pays », a-t-il inféré.
DEL