L’entreprise Manono Lithium prévoit de produire 500 000 tonnes de concentrés de lithium dans une première phase, avant d’augmenter progressivement sa capacité pour atteindre un million de tonnes par an. Le site minier, situé dans la province du Tanganyika, au sud-est de la RDC, cible une production à grande échelle destinée aux marchés internationaux des batteries rechargeables.
L’originalité du projet réside dans le traitement local du minerai. Selon Eddas Lwaba-Kitwa, chef du personnel de Manono Lithium, l’entreprise construira une usine permettant de transformer ces concentrés en sulfate de lithium, matière première essentielle à la fabrication des batteries pour véhicules électriques et au stockage des énergies renouvelables. Cette approche devrait générer davantage de valeur ajoutée en RDC plutôt que de se limiter à l’exportation de minerai brut.
Infrastructures logistiques en cours de réalisation
L’entreprise réhabilite actuellement la route reliant Manono à Kalemie afin de faciliter l’acheminement des produits vers le lac Tanganyika. Un port industriel privé est également en construction à Mutoa et permettra l’exportation par voie lacustre vers les marchés internationaux. Ces investissements devraient également contribuer à l’amélioration des infrastructures routières et logistiques dans une région longtemps enclavée.
Au-delà du projet de production de lithium, d’autres investisseurs renforcent également leur présence dans la région. KoBold Metals, société américaine spécialisée dans l’exploration minière, prévoit ainsi d’investir 50 millions de dollars dans la prospection de nouveaux gisements.
L’entreprise dispose actuellement de huit permis de recherche dans les régions de Manono et de Malemba-Nkulu, où elle a déjà entamé des campagnes de collecte d’échantillons de sol.
Pour les autorités congolaises, l’enjeu est désormais de faire de ce projet un levier d’industrialisation, de création d’emplois et de développement local. L’objectif est de transformer les ressources minières du pays en opportunités économiques concrètes pour les populations, notamment à travers le développement des infrastructures et de chaînes de valeur locales.
Célestin KAZADI