Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, a réaffirmé sa détermination à continuer de mobiliser les capitaux mondiaux pour financer le développement de l’Afrique, alors que son mandat à la tête de l’institution prend fin le 1er septembre prochain.
« Ma passion pour le développement de l’Afrique ira bien au-delà de ma présidence à la Banque », a déclaré M. Adesina dans un discours intitulé Réorienter les capitaux mondiaux pour libérer le potentiel d’investissement en Afrique, prononcé lors du Sommet Afrique de Standard Chartered, tenu le 31 juillet à Lagos.
« Ensemble, réorientons les capitaux mondiaux pour libérer les atouts de l’Afrique. Alors que je me dirige vers un avenir nouveau, vous pouvez être certains que ce sera ma priorité. Car l’Afrique restera toujours dans mon cœur et dans ma ligne de mire », a-t-il affirmé.
Organisé autour du thème L’Afrique face au monde : innovation, résilience et croissance, le sommet a réuni des chefs d’entreprise, des décideurs politiques, des investisseurs et diverses parties prenantes. Connu pour son optimisme à l’égard du continent, Akinwumi Adesina a ouvert son discours en ces termes : « Lorsque l’on m’a proposé de prononcer le discours d’ouverture, je n’ai pas hésité. Comment celui que l’on surnomme « le grand optimiste de l’Afrique » pourrait-il refuser de parler de l’Afrique ? »
Il a mis en évidence les avancées de la BAD en matière d’innovation financière au cours de la dernière décennie.
« La Banque n’attend pas simplement plus de capitaux, elle innove pour faire davantage avec les ressources dont elle dispose. Grâce à nos initiatives d’optimisation du bilan, nous allons plus loin avec chaque dollar de capital à risque. Notre ambition est triple : libérer du capital, attirer des investisseurs et amplifier l’impact du développement. »
M. Adesina a également présenté une série d’initiatives phares et de résultats obtenus par la Banque africaine de développement, grâce notamment à sa notation AAA maintenue depuis dix ans :
-Plus de 102 milliards de dollars de financements à faible coût mobilisés pour l’Afrique depuis 2015 ;
-Augmentation du capital, passé de 93 milliards USD en 2015 à 318 milliards USD en 2024 – un record en 60 ans ;
-Leadership, aux côtés de la Banque interaméricaine de développement, dans la réallocation des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI vers les banques multilatérales de développement ;
-Création du Forum pour l’investissement en Afrique (2018), ayant suscité plus de 225 milliards USD d’intentions d’investissements ;
-Émission de la plus importante obligation sociale par une banque multilatérale : 14 milliards USD sur huit ans ;
-10 milliards USD d’obligations mondiales de référence émises en 2025 ;
-Première titrisation synthétique d’un portefeuille non souverain et première émission de capital hybride par une banque multilatérale (750 millions USD, avec 5,1 milliards USD de demande) ;
-L’initiative « Room to Run Sovereign », qui a libéré deux milliards USD de capacité de prêts souverains ;
-Seize garanties partielles de crédit ou de risque d’une valeur de près de trois milliards USD, ayant permis de mobiliser cinq milliards USD ;
-Une garantie de 250 millions USD ayant permis à l’Égypte d’émettre la toute première obligation Panda d’un pays africain sur le marché chinois.
Dans la foulée, il a salué le partenariat entre la BAD et Standard Chartered, notamment pour la garantie partielle de crédit à la Côte d’Ivoire en 2023. Cette opération a été distinguée comme « meilleure opération de prêt syndiqué souverain » lors des Bonds, Loans & ESG Capital Markets Africa Awards 2025, organisés en avril à Cape Town.