La République démocratique du Congo a adopté une série de mesures conservatoires sur la masse salariale de l’État, dans l’attente d’un audit général de l’état liquidatif et de la mise en œuvre d’une nouvelle politique de rémunération.
C’est à l’occasion de la 90ème réunion ordinaire du Conseil des Ministres, tenue le vendredi 22 mai 2026 à la Cité de l’Union Africaine à Kinshasa, que le Président Félix Tshisekedi a prescrit ces dispositions. Le chef de l’État a rappelé l’urgence d’apporter des réponses concrètes à la situation des agents et fonctionnaires régulièrement certifiés mais ne percevant toujours aucune rémunération, nonobstant leur identification physique et leur inscription au Fichier de Référence de l’Administration Publique.
Parmi les mesures immédiatement applicables figure l’interdiction de toute nouvelle revalorisation des primes au profit des catégories déjà régulièrement rémunérées. Cette restriction s’applique sans préjudice des engagements issus des accords conclus avec les partenaires sociaux, ni des ajustements barémiques en cours. Il est également interdit de procéder à la prise en charge de nouvelles commissions ou structures permanentes.
Ces décisions s’inscrivent dans un contexte de profondes disparités salariales entre administrations, mais aussi entre services centraux et services déconcentrés en provinces et dans les Entités Territoriales Décentralisées — des déséquilibres documentés par plusieurs rapports en possession de la présidence.
Félix Tshisekedi avait déjà, lors de la 3ème réunion du Conseil des Ministres du 28 juin 2024, instruit le gouvernement d’élaborer une politique salariale juste, équitable et soutenable, fondée sur la rationalisation et l’harmonisation du système de rémunération.
Les économies générées par l’assainissement de la paie et la rationalisation des effectifs, conjuguées à l’enveloppe additionnelle prévue dans le projet de loi de finances rectificative 2026, devront être prioritairement affectées à la prise en charge progressive des agents certifiés réguliers non encore mécanisés.
Le Président a rappelé que la rémunération constitue « un droit fondamental à caractère essentiellement alimentaire », et non une faveur, estimant que la persistance de cette situation compromet la réalisation du sixième engagement souscrit devant le peuple congolais.
La mise en œuvre de ces instructions a été confiée au Vice-Premier Ministre chargé du Budget, au Vice-Premier Ministre chargé de la Fonction Publique et au Ministre des Finances, sous la coordination de la Première Ministre. Un rapport circonstancié est attendu dans un délai de trente jours.
Prince OKENDE