Au nom de la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, le Vice-ministre Théo Kazadi a lancé samedi 9 mai à Kinshasa, un atelier résidentiel de formation des formateurs centraux consacré au narratif « Génocost ».
En effet, l’initiative s’inscrit dans la politique mémorielle portée par la présidence de la République, qui a fait de la lutte contre l’oubli une priorité nationale. Le terme « Génocost » désigne les génocides perpétrés à des fins d’exploitation économique, une réalité que les autorités congolaises entendent désormais inscrire formellement dans les curricula de l’enseignement primaire et secondaire.
« Un peuple qui ignore son passé est condamné à le revivre. Mais un peuple qui l’enseigne à ses enfants se donne les moyens de sauvegarder sa souveraineté », a déclaré le Vice-ministre Théo Kazadi lors de la cérémonie d’ouverture.

Le moins que l’on puisse dire est que vingt-cinq inspecteurs et experts, sélectionnés pour constituer les noyaux nationaux de cette démarche, sont chargés d’harmoniser la compréhension du concept et de le traduire en outils pédagogiques concrets. Il s’agit des fiches pédagogiques, guide méthodologique et du plan national de déploiement. Ces livrables conditionneront, selon le ministère, la qualité de la diffusion du narratif à l’échelle du pays.
Un dispositif en deux phases
L’atelier, d’une durée de dix jours, constitue la première phase du dispositif. Une seconde phase est prévue en juin, axée sur la création de clubs citoyens dans les établissements scolaires. Il s’agira alors d’élaborer les modules et kits d’animation destinés à faire des élèves « les premiers ambassadeurs de la mémoire nationale », selon les termes du vice-ministre de l’éducation.

Cette initiative bénéficie du soutien technique et financier de la Commission inter-institutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes, placée sous l’autorité de la présidence de la République, ainsi que du Fonds national de réparation des victimes (FONAREV). Le Vice-ministre a tenu à saluer l’engagement « indéfectible » du directeur général adjoint de FONAREV, dont l’action en faveur des victimes trouve, selon lui, un prolongement naturel dans cette démarche éducative.
DosEco