Le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, a réaffirmé mercredi 6 mai, lors d’une conférence de presse, que les ressources minérales du pays — cobalt, coltan, lithium, cuivre — constituent des leviers de repositionnement géopolitique et économique et non de simples matières premières à exporter à l’état brut.
« Le cobalt, le coltan, le lithium, le cuivre ne sont pas de simples richesses enfouies dans notre sous-sol. Ils sont des ressources stratégiques qui participent à façonner l’avenir du monde. En cela, ils confèrent à notre pays une responsabilité particulière, mais aussi un levier de repositionnement historique », a déclaré le chef de l’État.
C’est dans cette logique que s’inscrit, selon lui, le partenariat stratégique récemment conclu avec les États-Unis, matérialisé par la signature d’un accord économique et d’un mémorandum d’entente sécuritaire. Tshisekedi a tenu à préciser que ce rapprochement « ne constitue ni un alignement idéologique, ni une substitution de dépendance », mais procède d’un choix souverain fondé sur une convergence d’intérêts mutuellement identifiés.
Fin du modèle d’exportation brute
Félix Tshisekedi a été explicite sur les conditions que Kinshasa entend désormais imposer à ses partenaires économiques. « Nos minerais critiques ne peuvent plus être extraits chez nous, exportés à l’état brut, puis valorisés ailleurs pendant que nos populations demeurent dans la pauvreté. Ce modèle n’est plus acceptable », a-t-il tranché.
En contrepartie de l’accès à ces ressources, le gouvernement attend des investissements responsables, la création d’unités de transformation locales, le développement d’infrastructures structurantes, des emplois pour la jeunesse et une gouvernance transparente du secteur extractif. Tshisekedi a néanmoins souligné que la RDC n’entend pas se fermer aux investisseurs étrangers, à condition que ceux-ci respectent les lois nationales, les communautés locales, les travailleurs et l’environnement.
Bilan macroéconomique et défis sociaux
Sur le plan intérieur, le chef de l’État a mis en avant plusieurs indicateurs. Le taux d’inflation a été ramené à 3,3%, grâce à des mécanismes de régulation et de contrôle des prix. L’impôt sur les revenus professionnels a été réduit de 15 % à 3 %. Les salaires des fonctionnaires ont été triplés, ceux des militaires et des policiers quadruplés. Quatre baisses successives du prix du carburant ont par ailleurs contribué à alléger la pression sur les ménages.
Des projets d’infrastructures académiques ont également été lancés dans plusieurs villes, notamment Bunia, Mbuji-Mayi, Kolwezi et Kananga, avec d’autres chantiers annoncés à Kisangani, Mbandaka et dans une dizaine d’autres localités.
Tshisekedi a cependant tempéré ce bilan en reconnaissant que la stabilité macroéconomique ne suffit pas si elle ne se traduit pas dans le quotidien des ménages. « Le véritable succès économique se mesure au panier de la ménagère, au revenu du travailleur moyen, à l’emploi du jeune diplômé, à la capacité d’une famille à se soigner, à se loger, à scolariser ses enfants », a-t-il dit.
Il a rappelé en conclusion les six engagements pris lors de son investiture pour son second mandat : création d’emplois, protection du pouvoir d’achat, sécurité du territoire, diversification économique, accès aux services de base et renforcement de l’efficacité des services publics.
Célestin KAZADI