RDC : malgré la guerre à l’Est et le choc pétrolier, le FMI valide la résilience de l’économie congolaise

En bouclant sa mission à Kinshasa le mercredi 6 mai 2026, l’équipe du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Calixte Ahokpossi, a validé la trajectoire macroéconomique de la République démocratique du Congo, malgré un environnement particulièrement hostile.

En effet, cet environnement est marqué par le conflit armé persistant dans l’est du pays, les répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur les prix du pétrole et des tensions budgétaires structurelles.

Selon un communiqué consulté par DosEco, la croissance du PIB réel s’est maintenue au-dessus de 5,5 % pendant deux années consécutives, l’inflation est restée ancrée sous les 3 % depuis octobre 2025 et le taux de change est demeuré globalement stable, soutenu par l’évolution favorable des prix à l’exportation des minerais. Des performances que le FMI qualifie de « résilientes », tout en assortissant ce satisfecit d’une série d’exigences structurelles.

Car, derrière ces agrégats encourageants, les vulnérabilités demeurent réelles. Le déficit budgétaire a dérapé de 0,6 point de PIB à fin 2025 sous l’effet des dépenses militaires et diplomatiques liées à l’offensive de l’AFC/M23. Les réserves internationales, établies à 8,8 milliards de dollars à fin mars 2026, restent en deçà du seuil d’adéquation de trois mois d’importations. Et la BCC, qui a abaissé son taux directeur à deux reprises en quatre mois — de 17,5 % à 13,5 % —, est invitée à la prudence face au risque de remontée de l’inflation importée.

Le FMI pointe également des chantiers inachevés en matière de gouvernance financière : déploiement incomplet du compte unique du Trésor, recours encore trop fréquent aux procédures de dépenses d’urgence, contrôle insuffisant des fonds spéciaux et des entités publiques. Sur le front climatique, la révision du Code forestier accuse des retards que la mission juge préoccupants, même si elle salue l’adoption rapide d’une méthodologie d’évaluation ex ante de l’impact climatique des projets d’investissement.

L’institution de Bretton Woods place également ses espoirs dans le tribunal économique et financier récemment créé, qu’elle considère comme un levier potentiel dans la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent. La première émission d’euro-obligations du pays est saluée, à condition que son produit soit utilisé de manière transparente et orienté vers l’investissement productif. Le verdict du Conseil d’administration du FMI, attendu en juin 2026, dira si ces garanties sont jugées suffisantes pour valider formellement les revues en cours.

DEL

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