Le cacao congolais traverse une crise de prix sans précédent. En l’espace de seize mois, la tonne s’est effondrée de près de 11 USD le kilogramme en décembre 2024 à 3,09 USD durant la semaine du 6 au 11 avril 2026, selon les données de la Commission Nationale des Mercuriales (CNM) — soit une chute de plus de 70 %.
C’est dans ce contexte que le Ministre du Commerce Extérieur a présenté, le 8 mai 2026 au Conseil des ministres, un plan de protection des producteurs congolais face à la spéculation internationale.
Le ministre du commerce extérieur a identifié trois causes majeures à cette dégringolade sur les marchés internationaux : une offre excédentaire en 2025-2026, la reconfiguration de la demande de l’industrie chocolatière européenne, et le manque de coordination du duopole ouest-africain formé par la Côte d’Ivoire et le Ghana.
Mais si la crise est mondiale, ses effets sont amplifiés en RDC par des fragilités structurelles bien connues : fragmentation de l’offre, déficit de qualité et de transformation, et contraintes logistiques chroniques qui réduisent la capacité des agriculteurs congolais à résister aux fluctuations des cours.
Une stratégie en trois axes pour stabiliser l’or brun
Pour contrer ces menaces, Kinshasa a opté pour une approche privilégiant la force du marché à l’administration rigide des prix. La stratégie repose sur trois piliers : la diversification offensive des marchés d’exportation, la mise en conformité qualitative de la production nationale aux standards internationaux, et l’accroissement des capacités productives des agriculteurs.
Une série de mesures sectorielles transversales, impliquant plusieurs départements ministériels, complète ce dispositif pour stabiliser durablement la filière cacao en RDC.
DosEco