La Première Ministre Judith Suminwa a instruit, lors de la 88ème réunion ordinaire du Conseil des ministres tenue le vendredi 8 mai 2026, le Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget, Adolphe Muzito, d’accélérer les travaux d’élaboration du projet de loi de finances rectificative 2026 afin qu’il soit déposé au Parlement avant la fin du mois de mai courant.
La cheffe du gouvernement a justifié cette révision budgétaire par l’évolution sensible du contexte politique et économique, tant au plan international que national, qui a significativement affecté plusieurs variables du cadrage macroéconomique ayant servi de base à l’élaboration du budget initial du Pouvoir central — adopté par les deux Chambres du Parlement et promulgué le 29 décembre 2025 par le Président de la République.
La loi de finances rectificative devra impérativement intégrer les conclusions des travaux réalisés par les experts congolais dans le cadre de la troisième revue du Fonds Monétaire International.
Le FMI valide la résilience de l’économie, mais appelle à la rigueur
Ces instructions interviennent quelques jours après la publication, le 6 mai 2026, du communiqué de fin de mission des services du FMI, conduite par Calixte Ahokpossi. L’institution de Bretton Woods et les autorités congolaises sont parvenues à un accord préliminaire sur la troisième revue au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et la deuxième revue au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), sous réserve d’approbation par la Direction générale et le Conseil d’administration du FMI, dont l’examen est prévu en juin 2026.
Le FMI a noté que la croissance du PIB réel dépasse 5,5 % aussi bien en 2025 qu’en 2026, portée par les secteurs des BTP, des services et de l’agriculture. Les réserves de change ont atteint 8,8 milliards USD à fin mars 2026, tandis que l’inflation est restée contenue en dessous de 2,5 % depuis octobre 2025. Toutefois, le déficit budgétaire intérieur à fin décembre 2025 a été dépassé d’environ 0,6 point de pourcentage du PIB, en raison notamment des dépenses liées au conflit dans l’Est du pays.
Selon le communiqué du Fonds, le projet de loi de finances rectificative 2026 constituera le vecteur principal des mesures correctrices convenues avec l’institution. Il devra s’articuler autour de l’accroissement des recettes intérieures et de la rationalisation des dépenses non prioritaires, tout en intégrant des investissements additionnels financés sur le produit de l’Eurobond inaugural émis récemment par la RDC, ainsi que des mesures d’atténuation des répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur l’économie nationale.
Le FMI a, par ailleurs, appelé les autorités à assurer une utilisation transparente et efficace du produit de l’Eurobond, en consolidant les réformes en cours de modernisation de la gestion des finances publiques, dont l’opérationnalisation depuis février 2026 de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP).
Prince OKENDE