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L’Afrique a installé des capacités hydroélectriques records de 4,5 GW en 2024 ( Rapport)

L’Afrique a installé des capacités hydroélectriques records de 4,5 gigawatts (GW) en 2024 contre 2 GW en 2023, selon un rapport publié le mercredi 25 juin par l’Association internationale de l’hydroélectricité (IHA).

Intitulé « 2025 World Hydropower Outlook », le rapport précise que les nouveaux projets mis en service durant l’année écoulée ont porté le total des capacités hydroélectriques installées sur le continent à plus de 47 GW, avec une production d’électricité effective de 167 térawattheures (TWh).

Ces capacités proviennent des barrages hydroélectriques conventionnels à hauteur de 43,5 GW et des stations de transfert d’énergie par pompage (STEP), ou « pumped storage power plants » (PSP) à concurrence de 3,7 GW. Les stations de transfert d’énergie par pompage, qui se basent sur la technique du pompage-turbinage – technique de stockage de l’énergie électrique consistant à remonter de l’eau d’un cours d’eau pour la stocker en hauteur dans des bassins d’accumulation quand la production d’électricité dépasse la demande, puis de turbiner l’eau ainsi mise en réserve pour produire de l’énergie électrique lorsque la demande est forte -, ont ajouté de nouvelles capacités de 349 mégawatts (MW) en 2024.

L’hydroélectricité représente désormais 20% du mix électrique du continent. Le plus important projet hydroélectrique inauguré l’an passé en Afrique est le barrage de Julius Nyerere en Tanzanie, dont la capacité s’élève à 2115 MW.

En Ethiopie, la mise en service de deux nouvelles turbines a permis d’ajouter 800 MW à la capacité du Grand barrage de la Renaissance (GERD). Les autres projets phares mis en service en 2024 sont notamment la centrale hydroélectrique de Karuma en Ouganda (600 MW) et le projet Nachtigal au Cameroun (420 MW).

Un énorme potentiel inexploité

Le classement des pays africains selon leurs capacités hydroélectriques installées montre que l’Ethiopie tient le haut du pavé avec 6,02 GW, devant l’Angola (3,89 GW), l’Afrique du Sud (3,60 GW), la RDC (3,21 GW) et la Zambie (3,16 GW).

Notant que 11% du potentiel technique du continent en matière d’hydroélectricité a été exploité jusqu’ici, le rapport souligne que les possibilités de développement du secteur sont parmi les plus importantes au monde.

Une nouvelle vague de projets, souvent menés par des promoteurs privés, commence à émerger, faisant de l’hydroélectricité un pilier essentiel de la transition vers l’énergie propre en Afrique. Tel est, entre autres, le cas du projet Caluco Cabaça en Angola (2 172 MW), qui est en cours de réalisation par le groupe chinois Gezhouba Group, ou encore du barrage hydroélectrique à Sounda au Congo (600 à 800 MW).

Malgré ces évolutions, l’accès aux financements reste le principal frein à un développement plus rapide du secteur de l’hydroélectricité sur le continent. Des dizaines de projets programmés ayant une capacité cumulée de 63 GW sont au point mort, en raison notamment de la frilosité des investisseurs face au risque lié à l’achat de la production (off-take risk) et aux coûts élevés de couverture du risque de change. Ce sont surtout les projets de grande envergure qui se heurtent à de grandes difficultés comme celui du Grand Inga en République démocratique du Congo (près de 50 GW). Outre les contraintes financières, ce projet est quasiment bloqué par des problèmes de gouvernance et l’opposition des communautés locales.

Des projets d’une capacité totale de 18,5 GW ont été cependant approuvés, mais ne sont pas encore en cours de construction. Combiné aux projets en cours, dont la capacité cumulée s’élève à 16 GW, ce pipeline de projets pourrait à lui seul augmenter de près de 80% les capacités hydroélectriques conventionnelles du continent.

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