Les incitations fiscales ont entraîné un manque à gagner d’environ 5 % du produit intérieur brut (PIB), en République démocratique du Congo, selon le dernier rapport sur la situation économique dans ce pays, publié par la Banque mondiale.
« La section spéciale du rapport examine les incitations fiscales, en se concentrant sur leur évolution et leur impact, les recettes fiscales de la RDC représentent 12,5 % du PIB, contre une moyenne de 16 % en Afrique subsaharienne, les incitations fiscales entraînent un manque à gagner d’environ 5 % du PIB, soit un tiers des recettes fiscales totales ou trois fois le budget du secteur de la santé, tout en apportant des bénéfices minimes aux ménages vulnérables », indique le document.
Le rapport intitulé «Réévaluer les incitations fiscales : le rendez-vous manqué des promesses de croissance et d’équité », note le taux de croissance du PIB élevé de 6,5 % atteint en 2024, soutenu par des activités minières dynamiques, notamment dans l’exploitation du cuivre et du cobalt. Nonobstant l’un des taux de croissance les plus élevés d’Afrique, ce chiffre reste légèrement inférieur à la moyenne de 7,9 % enregistrée entre 2021 et 2023.
Même avec cette forte croissance, le rapport souligne que la réduction significative de la pauvreté et la création d’emplois restent limitées.
La stabilité macroéconomique a été maintenue grâce à la discipline budgétaire et à l’absence de financement monétaire du déficit. L’inflation, bien qu’encore élevée, a chuté à 8,6 % en juin 2025. Le potentiel de développement de la RDC demeure important, avec des perspectives économiques positives.
Pour relever ces défis et mobiliser davantage de ressources pour la croissance, le rapport recommande de simplifier la politique fiscale, d’harmoniser les taux d’imposition, de remplacer les incitations fiscales basées sur le profit par des incitations basées sur les coûts, et d’améliorer la transparence et l’évaluation de ces incitations, mais aussi la rationalisation des incitations fiscales qui pourrait améliorer l’efficacité des politiques fiscales et ouvrir la voie à de futures baisses de taux d’imposition, tout en garantissant des ressources adéquates pour le développement et les dépenses sociales.
Pour parvenir à une croissance inclusive et durable, la RDC doit accroître ses recettes intérieures, rationaliser les incitations fiscales et investir dans les services sociaux ainsi que dans les infrastructures.
Prince OKENDE