En République démocratique du Congo, plus de 240 organismes publics perçoivent des taxes parafiscales à travers plus de 1000 actes différents. Cette multiplication de prélèvements pèse sur les entreprises, alourdit le climat des affaires et réduit la compétitivité des entreprises, a déploré le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, le jeudi 4 septembre 2025, lors du lancement de la Commission permanente interministérielle chargée de la rationalisation de la parafiscalité (Copirap).
Cette structure qui est présidée par la Première ministre, Judith Suminwa, et pilotée par le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, vise à réduire cette prolifération des prélèvements parafiscaux qui nuit à l’investissement privé et décourage la formalisation des entreprises.
La Copirap a pour mission de recenser, évaluer et rationaliser l’ensemble des taxes parafiscales afin de rendre le système plus clair et plus transparent. Elle s’appuie sur un arrêté interministériel adopté en mai 2025, qui fixe les bases de la réforme.
La Première ministre a indiqué six priorités de la Commission. Il s’agit : d’élargir la base fiscale sans créer de nouvelles taxes, garantir que les fonds collectés servent à des missions publiques prioritaires (santé, éducation, infrastructures), geler la création de nouvelles taxes parafiscales, mettre en place un calendrier de travail clair avec une feuille de route pour la Copirap, allouer les moyens financiers et techniques nécessaires au fonctionnement de la Commission et enfin travailler en synergie avec tous les acteurs (ministères, Parlement, société civile, secteur privé, partenaires financiers) dans le cadre de cette initiative.
La Copirap travaillera à dresser l’inventaire des perceptions existantes, à en évaluer la pertinence et à proposer une rationalisation consensuelle. Cette initiative est appelée à devenir un instrument stratégique pour lutter contre la prolifération d’actes parafiscaux, renforcer la redevabilité et instaurer une discipline financière durable.
L’idée est de faire en sorte que la réforme des taxes parafiscales serve non seulement à réduire le nombre de taxes, mais aussi à rendre l’économie congolaise plus compétitive. Mais pour que cette réforme réussisse, il faudra de la discipline budgétaire de la part du gouvernement, la coopération avec le secteur privé, en associant les entreprises à la réforme, et aussi la redevabilité de l’Etat qui devra rendre des comptes de manière transparente sur l’utilisation de l’argent collecté.