Dans un communiqué publié vendredi 12 septembre, la Coalition pour la Récupération des Actifs Miniers et Pétroliers du Peuple Congolais (CORAC) salue l’octroi, par le gouvernement congolais, de sept permis d’exploration à la société américaine KoBold Metals dans le Tanganyika, autour du gisement stratégique de Manono, ainsi que dans le Haut-Lomami.
Cette décision, explique cette structure de la société civile, marque une avancée notable dans la diversification des partenaires miniers. Elle pourrait, selon elle, contribuer à débloquer le dossier du permis minier de Dathcom Mining, toujours en arbitrage international en France et aux États-Unis (État congolais, Cominière, AVZ Minerals, Dathomir).
“L’arrivée de KoBold Metals – soutenue par des investisseurs de premier plan tels que BH Group, Andreessen Horowitz et Equinor ASA – constitue une opportunité unique pour relancer la valorisation effective du lithium et d’autres minerais stratégiques, à un moment où la demande mondiale explose avec la transition énergétique, et où la guerre économique entre les États-Unis et la Chine s’intensifie. Elle va générer entre 50 et 70 millions USD/an en redevances rien qu’avec la production prévue de concentré de lithium (~700 000 t/an), selon l’étude de faisabilité finale de Dathcom Mining”, lit-on dans le communiqué de cette structure.
Cette coalition que dirige notamment l’activiste Carbone Beni et Maitre Georges Kapiamba souligne également que cette arrivée va porter ces revenus à plus de 100 millions USD/an en cas d’augmentation de la production ou de reprise des prix mondiaux, diversifiant ainsi les partenariats et réduisant la dépendance excessive vis-à-vis de la Chine, tout en posant les bases d’une chaîne de valeur locale pour la transformation des minerais.
Depuis 2020, le projet de Manono, l’un des plus grands gisements de lithium au monde, est paralysé par des litiges entre AVZ Minerals (Australie), Zijin Mining (Chine), Dathomir (Chine), la Cominière et l’État congolais. Entre 150 et 210 millions USD de redevances minières sont perdues en trois ans, l’équivalent de trois hôpitaux provinciaux modernes ou 2 000 salles de classe jamais construites, rapporte la Corac.
Dans la foulée, elle rappelle que la réussite de ce projet sera tributaire de la capacité à assurer les intérêts du peuple congolais. C’est ainsi qu’elle recommande une transparence totale, les clauses contraignantes, le contenu local et l’inclusion communautaire, la redistribution équitable et le dialogue communautaire.
Prince OKENDE