Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a qualifié, lundi 29 septembre 2025, l’économie de la République Démocratique du Congo de « debout, cohérente, robuste et résiliente, avec un taux de croissance de plus de 6,5 % en 2024 ».
Cette déclaration a été faite lors d’une interview accordée à la radio Top Congo, au cours de laquelle l’argentier national a évoqué les différents efforts consentis par le Gouvernement Judith Suminwa 2, en vue de répondre positivement aux plaintes du peuple congolais, notamment les routes, le taux de change, le panier de la ménagère et consorts.
Dans un contexte difficile marqué par plusieurs défis auxquels est confronté le pays, Doudou Fwamba est d’avis que seule « la discipline de la gouvernance des finances publiques et la mise en place d’une politique budgétaire cohérente coordonnée par la Banque Centrale du Congo ont conduit aujourd’hui à la stabilité sans précédent de la monnaie autour de 2850 FC pendant 15 mois, en dehors de la période de 2012 à 2015 ».
« À notre arrivée au pouvoir, en juin 2024, nous avons trouvé le cadre macro-économique instable. Le taux de change était à 2847 CDF et l’inflation était autour de 22%. (…) C’est ainsi que notre Gouvernement, dès sa mise en place, avait pour premier pilier du programme pacte 2024-2028 : plus d’emplois, plus de pouvoir d’achat. C’était donc une question de stabiliser le cadre macro-économique. Parlant du segment, en décembre 2023, l’inflation était arrivée jusqu’à 23,8% et la dépréciation de la monnaie était arrivée à 24,4% à la même période », a-t-il expliqué.
Pour ce faire, un diagnostic approfondi a été réalisé pour priorité de mieux régler cette triste situation qui met en péril la vie des congolais depuis belle lurette.
« Nous avons fait recours à l’histoire de notre pays de 1990 à 1991, période au cours de laquelle nous avons connu l’hyperinflation. Dans un pays comme le nôtre, où la cause est souvent le déséquilibre des finances publiques, la situation de notre endettement était très grave et nos déficits publics étaient très creusés, ce qui avait fait que pour financer les dépenses de l’État, nous devrions tourner la planche billet pour arriver à l’étape hyperinflation : la dépréciation de la monnaie. Nous avons aussi étudié les différents gouvernements qui nous ont succédé », a rapporté le ministre des finances.
Partant de cette analyse, ajoute-t-il, « en dehors des chocs exogènes, notamment la crise de l’Ukraine qui a conduit à la crise de céréale, les conflits au moyen et proche-Orient et l’intensification de la guerre dans l’Est du pays qui est un facteur endogène; nous avons remarqué que beaucoup des causes parviennent du manque de la discipline de la gouvernance des finances publiques ».
Mise en place de la politique économique de la demande
La politique économique de la demande a été pour le ministre des Finances un atout qui a facilité de stimuler bien la demande, en augmentant le niveau des investissements publics, et ce, en baissant certains impôts.
« Au premier semestre de l’année 2024, le précédent Gouvernement avait dépensé environ 360.000.000 de dollars américains pour les investissements. Au deuxième semestre, à notre arrivée, nous avons doublé cela en dépensant presque 720.000.000 de dollars américains des investissements publics en vue d’augmenter la demande. En même temps, nous avons pris des mesures d’allègement fiscaux en baissant les droits de douane et des frais connexes des importations des denrées de première nécessité. Donc, nous avons donné le pouvoir d’achat pour consommer dans les segments », argumente Doudou Fwamba.
Et d’ajouter : « tout comme la Banque Centrale, nous avons, dans les trois premiers mois, resserré la politique budgétaire. Nous avons fait en sorte de réduire les dépenses de consommation pour dégager les marges en vue d’augmenter les investissements publics pour l’intérêt du peuple congolais. Et dans les trois derniers mois, nous avons un peu ouvert le robinet pour faire face à la sécurité dans l’Est du pays ».
Conscient du travail qui reste à faire, le ministre Doudou Fwamba promet d’exercer encore et toujours pour la continuité d’une économie congolaise résiliente afin de la transposer au quotidien du peuple congolais.
« Pour ce faire, nous n’allons pas résoudre ce problème dans le conjoncturel. Maintenant, il faut aller dans le structurel pour transformer l’offre extérieure afin de produire assez des biens qui peuvent être consommés par le peuple congolais », conclut-il.
Guillaume MAVUDILA