Le gouvernement provincial de Kinshasa annonce la fermeture prochaine des morgues dites « irrégulières », c’est-à-dire celles qui ne respectent ni les normes sanitaires en vigueur ni le cadre légal établi. L’information est contenue dans une note circulaire rendue publique par le ministère provincial de la Santé.
A en croire le ministre provincial de la Santé, Patricien Gongo, les structures concernées opèrent sans autorisation préalable ou en dehors de tout rattachement à un hôpital agréé, en violation de la réglementation en matière de santé publique.
« Toute morgue doit être rattachée à un établissement sanitaire reconnu ou disposer d’une autorisation légale délivrée par l’autorité compétente », rappelle la tutelle, qui envisage également des poursuites judiciaires contre les responsables des installations illégales.
La circulaire interdit par ailleurs la construction de nouvelles morgues sans adossement à un hôpital agréé, ainsi que l’ouverture ou l’exploitation de ces infrastructures sans feu vert des services compétents. Les morgues ne respectant pas ces exigences — qu’il s’agisse des infrastructures, des conditions sanitaires ou de l’environnement d’exploitation — seront fermées sans délai, précise le gouvernement provincial de Kinshasa.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par la prolifération de morgues non conformes dans la capitale congolaise. Plusieurs d’entre elles ont récemment été épinglées pour non-respect des normes d’hygiène, implantation dans des zones inadaptées ou encore accumulation prolongée de dépouilles sans gestion appropriée. Le gouvernement provincial de Kinshasa évoque des risques sanitaires majeurs, mais aussi la nécessité de préserver la dignité des personnes décédées et d’assurer un service funéraire encadré et sécurisé.
Pour être considérée comme légale, une morgue doit notamment disposer d’une autorisation officielle délivrée par le ministère provincial de la Santé ou les services techniques compétents (Division ou Inspection provinciale de la Santé), et être rattachée à une structure sanitaire reconnue. Elle doit également répondre à des standards minimaux en matière d’hygiène, incluant la conservation adéquate des corps, l’assainissement régulier des installations ainsi que la gestion appropriée des eaux usées et des déchets anatomiques.
À défaut du respect de ces critères, prévient le gouvernement provincial de Kinshasa, les structures concernées s’exposent à des sanctions administratives et judiciaires, dans le cadre du renforcement du contrôle sanitaire dans la capitale.
Célestin KAZADI