Le Chef de l’État de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi et son homologue des Émirats arabes unis (EAU), Cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyane, ont procédé lundi 2 février à la signature d’un Accord de Partenariat Économique Global (APEG), marquant une nouvelle étape dans le renforcement des relations bilatérales entre Kinshasa et Abou Dhabi.
L’accord a été paraphé par les ministres du Commerce extérieur des deux pays, Thani bin Ahmed Al Zeyoudi pour les Émirats arabes unis et Julien Paluku Kahongya pour la RDC. Il s’inscrit dans la stratégie congolaise de diversification de l’économie, des marchés et des partenaires, telle que définie par les autorités de Kinshasa.
Commerce et investissements : accès élargi au marché émirati
Premier pilier de l’APEG, le volet commercial
prévoit une ouverture accrue du marché émirati aux produits congolais, avec près de 6 000 références « made in DRC » éligibles dans le cadre de l’accord.
Le texte couvre le commerce des marchandises et des services, le commerce électronique, les règles d’origine ainsi que la facilitation des échanges, en cohérence avec la ratification par la RDC, en juillet 2025, de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Les deux pays ambitionnent par ailleurs de porter le volume des échanges bilatéraux, estimé à environ 4 milliards USD actuellement, à 10 milliards USD à l’horizon 2030. L’accord vise également à stimuler les investissements productifs, en soutien à l’industrialisation et à la montée en compétitivité du secteur privé congolais.

Infrastructures : des projets portuaires structurants
Le partenariat s’étend aux infrastructures stratégiques, notamment dans le secteur portuaire. Des accords connexes ont été signés pour le développement d’infrastructures logistiques dans la province du Kongo Central, dont des projets portuaires destinés à renforcer la capacité d’exportation et d’importation de la RDC. Ces investissements sont présentés comme un levier clé pour la réduction des coûts logistiques et l’amélioration de l’attractivité du pays.
Mines et diplomatie : traçabilité et coopération institutionnelle
Dans le secteur minier, un mémorandum d’entente a été signé entre les ministères des Mines des deux pays, visant à renforcer la traçabilité des minerais congolais et à sécuriser les chaînes d’approvisionnement. L’initiative prévoit notamment l’achat direct de minerais en RDC par des opérateurs émiratis, conformément aux standards internationaux de transparence et de durabilité.
Sur le plan institutionnel, l’APEG est complété par un accord de coopération entre l’Académie diplomatique de la RDC et l’Académie diplomatique Anwar Gargash des Émirats arabes unis. Cette collaboration portera sur la formation, l’échange d’expertise et le développement de projets de recherche, avec pour objectif le renforcement des capacités diplomatiques congolaises.

Un signal aux investisseurs internationaux
Avec cet Accord de Partenariat Économique Global, Kinshasa et Abou Dhabi entendent inscrire leur coopération dans une logique de long terme, axée sur l’investissement, la transformation locale et l’intégration de la RDC dans les chaînes de valeur régionales et mondiales. Pour la RDC, cet accord constitue également un signal adressé aux investisseurs internationaux, dans un contexte de recherche accrue de partenariats stratégiques et de diversification des débouchés économiques.
Prince OKENDE