Réunis vendredi à Kinshasa, les gouverneurs des banques centrales d’Afrique centrale ont validé le rapport relatif au respect des critères de convergence macroéconomique, à l’issue de deux jours de travaux techniques consacrés à l’évaluation des performances régionales et à la coordination des politiques monétaires.
Selon un communiqué de la Banque centrale du Congo (BCC), la rencontre a réuni les délégations de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), de la Banque Centrale de Sao Tomé-et-Principe ainsi que de la BCC. Les participants ont procédé à une appréciation des progrès enregistrés, avec un accent particulier sur la convergence des indicateurs macroéconomiques, la coordination des politiques monétaires et le renforcement des mécanismes de surveillance financière.
Les experts ont notamment évalué la mise en œuvre des résolutions issues de la 47ᵉ réunion ordinaire du Conseil des gouverneurs, examiné l’état d’avancement du Programme de coopération monétaire en Afrique centrale et dressé un bilan du processus d’harmonisation des cadres de politique monétaire dans la sous-région.
« À l’issue des travaux de Kinshasa, les gouverneurs ont validé le rapport relatif au respect des critères de convergence macroéconomique, un exercice jugé déterminant pour asseoir la discipline collective et consolider la crédibilité du processus d’intégration régionale », indique la BCC.
Les discussions ont porté sur la maîtrise de l’inflation, la soutenabilité des finances publiques, la stabilité du secteur bancaire ainsi que l’harmonisation des cadres prudentiels. Les responsables monétaires ont réaffirmé leur engagement à poursuivre l’alignement progressif des instruments de politique monétaire et des mécanismes de supervision financière.
Une coopération monétaire présentée comme levier de transformation structurelle
Intervenant au cours des travaux, le gouverneur de la BCC et président en exercice du Comité sous-régional Afrique centrale de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA), André Wameso, a souligné que l’intégration économique et monétaire constitue un levier majeur de transformation structurelle.
Selon la BCC, il a estimé qu’une coopération monétaire renforcée permettrait d’améliorer l’allocation des ressources, de stimuler l’investissement régional, de réduire les coûts de transaction et d’atténuer la vulnérabilité face aux chocs extérieurs, dans une dynamique de consolidation de la souveraineté financière africaine.
Les participants ont également évoqué les défis structurels communs à la sous-région, notamment la forte dépendance aux exportations de matières premières, la faible diversification productive et le déficit d’infrastructures. À la lumière des données récentes de la Banque mondiale, ils ont insisté sur la nécessité d’accélérer les réformes structurelles afin de soutenir une croissance durable, inclusive et résiliente.

Des priorités arrêtées pour 2026
Les gouverneurs ont, par ailleurs, défini les thématiques prioritaires du Séminaire continental et du Symposium des gouverneurs prévus en 2026. Les débats porteront notamment sur la stabilité financière à l’ère de la digitalisation, l’inclusion financière et l’innovation technologique, l’intégration monétaire africaine ainsi que la consolidation de la souveraineté financière du continent.
En accueillant cette réunion stratégique, la BCC « confirme son rôle moteur dans la dynamique d’intégration monétaire et financière de la sous-région », souligne le communiqué.
Pour rappel, la première réunion des gouverneurs de l’ABCA s’était tenue à Addis-Abeba du 15 au 22 février 1965. Elle visait à examiner les mécanismes de coopération monétaire et à mettre en place des organes structurés, dont un Conseil des gouverneurs, un Bureau exécutif et des comités sous-régionaux regroupant les banques centrales des cinq sous-régions définies par l’Union africaine.
Luinyx