Dans le souci de restaurer la confiance entre l’État et le secteur privé, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) appelle le Président de la République, Félix Tshisekedi, à instaurer une amnistie fiscale couvrant l’ensemble des pénalités contestées par les entreprises.
Réunis le samedi 28 février à Kinshasa, à l’occasion de la cérémonie annuelle d’échange de vœux placée sous le thème « Climat des affaires : piliers d’une économie compétitive, formelle et inclusive », les membres du patronat congolais ont placé la réforme de l’environnement fiscal au cœur des priorités de 2026.
« Nous demandons l’instauration d’une amnistie fiscale portant sur l’ensemble des réclamations relatives au paiement des pénalités, celles-ci étant, bien souvent et de manière préoccupante, motivées par des pratiques abusives liées à la quête de primes par certains “aviseurs”. Cette mesure pourrait utilement être complétée par la mise en place d’un mécanisme de règlement forfaitaire transactionnel, permettant aux entreprises de solder définitivement des contentieux fiscaux anciens, dans un cadre sécurisé, transparent et incitatif à la régularisation », a déclaré le président national, Robert Malumba, dans son keynote.
Pour la FEC, une telle réforme aurait un triple impact :
-apurer le passif fiscal accumulé ;
-encourager la formalisation de l’économie ;
-restaurer la prévisibilité indispensable aux investissements nationaux et étrangers.
Application immédiate des résolutions tarifaires
Par-delà l’amnistie fiscale, le patronat exige l’exécution diligente des résolutions issues de la Commission tarifaire de mars 2025, notamment :
-la réduction des droits de douane sur les tissus imprimés, afin de soutenir l’industrie locale ;
-la mise à jour régulière de la liste des intrants pharmaceutiques exonérés de TVA, pour préserver l’accessibilité des médicaments ;
-la suspension effective de la TVA sur les achats locaux liés à l’exploitation minière, levier stratégique de compétitivité ;
-le maintien de l’exonération des droits d’accises sur l’eau minérale.
Pour la FEC, ces mesures ne relèvent pas de privilèges sectoriels, mais d’instruments de compétitivité destinés à réduire les coûts de production et à soutenir la croissance.
Sécurité juridique : faire respecter l’autorité de l’État
Le patronat a également rappelé l’impératif du respect strict du décret n°12/029 du 23 août 2012, qui interdit tout contrôle et recouvrement fiscal sans requête préalable des régies financières. La FEC appelle à des sanctions exemplaires contre les responsables qui s’en affranchiraient. Pour l’organisation, la consolidation de l’autorité de l’État passe par la fin des interventions irrégulières susceptibles de fragiliser les entreprises.
Robert Malumba estime que la RDC se trouve à un tournant décisif. Entre opportunités liées aux ressources naturelles et impératif d’industrialisation, le pays ne peut réussir sa transformation sans un partenariat clair, équilibré et sécurisé entre l’État et les entreprises.
2026, année du basculement économique
Robert Malumba a décrété 2026 « année de l’accélération, de la rationalisation et de la consolidation des acquis ». Pour la FEC, cette année doit marquer un basculement concret vers une économie formelle, compétitive et inclusive.
Le secteur privé se dit prêt à assumer pleinement sa responsabilité dans cette dynamique, avec rigueur et patriotisme économique. Mais il conditionne son engagement à un environnement fiscal prévisible, équitable et sécurisé. Pour le patronat congolais, l’amélioration du climat des affaires n’est plus une option : elle constitue désormais la condition structurante de l’industrialisation, de la création d’emplois et de la souveraineté économique de la RDC.
DosEco