La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé, jeudi 5 mars à Kinshasa, une réunion du Comité de conjoncture économique (CCE) consacrée à l’examen de la situation des finances publiques, de la conjoncture monétaire et de l’évolution des prix sur les marchés, ainsi qu’aux effets potentiels de la crise au Moyen-Orient sur l’économie congolaise.
À l’issue de cette rencontre tenue à la Primature, le Vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale et porte-parole du CCE, Daniel Mukoko Samba, a fait savoir que le gouvernement entrevoit une série de mesures qui visent à renforcer la mobilisation des recettes publiques et à améliorer le contrôle des dépenses de l’État.
De son avis, ces actions devraient contribuer à stabiliser la situation budgétaire et à faciliter la régularisation du paiement des salaires des agents et fonctionnaires de l’État.
Des tensions persistantes sur la trésorerie publique
Le porte-parole du CCE a reconnu l’existence de décalages dans le paiement des rémunérations des agents publics, une situation qu’il attribue aux tensions observées sur la trésorerie de l’État. D’après Daniel Mukoko Samba, ces difficultés interviennent dans un contexte marqué par l’augmentation progressive de la masse salariale et par la pression exercée par certaines dépenses jugées prioritaires.
Parmi celles-ci figurent notamment les dépenses sécuritaires liées au contexte de crise que traverse le pays, ainsi que les charges humanitaires consécutives à la situation de guerre.
Face à cette conjoncture, l’exécutif envisage plusieurs mesures destinées à améliorer l’organisation et la traçabilité des recettes publiques. Ces initiatives s’inscrivent notamment dans le cadre de l’instruction du président de la République, Félix Tshisekedi, relative à l’audit de l’état liquidatif de la paie.
L’objectif affiché est de soulager progressivement la trésorerie de l’État et de rétablir un rythme normal de paiement des salaires. « L’ambition du gouvernement est de revenir à un paiement des salaires dans le mois, comme c’était le cas auparavant », a précisé le Vice-Premier ministre.
Risques liés à la crise au Moyen-Orient
La réunion du CCE s’est également penchée sur les implications économiques de la crise en cours au Moyen-Orient, notamment en ce qui concerne l’approvisionnement de la RDC en produits pétroliers. Les membres du comité ont analysé les risques susceptibles d’affecter la chaîne d’approvisionnement et d’entraîner des tensions sur les prix du carburant.Dans ce contexte, le gouvernement envisage des mesures préventives afin de garantir la disponibilité des produits pétroliers sur le marché national et de limiter les pressions inflationnistes.
Des statistiques attendues sur l’emploi
Au cours de la réunion, le ministre de l’Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba, a également annoncé l’inauguration prochaine d’un nouveau centre de l’Institut national de préparation professionnelle (INPP).
Il a par ailleurs indiqué que les données relatives à la création d’emplois pour les années 2023, 2024 et 2025 devraient être publiées d’ici la fin du mois de mars. Une enquête nationale est actuellement en cours afin d’évaluer l’évolution du marché du travail et d’actualiser les statistiques sur l’emploi en République démocratique du Congo.
Prince OKENDE