Le gouvernement congolais, par le truchement du ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, a lancé, mercredi 4 mars à Kinshasa, l’atelier de présentation et de validation du rapport de l’enquête nationale sur les classes moyennes, une initiative qui doit aboutir à l’adoption d’un référentiel national destiné à orienter les politiques publiques.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence notamment du directeur général de l’Agence pour la promotion des classes moyennes congolaises (APROCM), Pascal Tchelo Mazombo, ainsi que d’experts, de partenaires institutionnels et d’acteurs socio-économiques. Les travaux se tiennent du 4 au 6 mars dans la salle Arche des Sœurs Franciscaines de Marie, située dans la commune de la Gombe à Kinshasa.
Cette initiative vise à doter la République démocratique du Congo d’outils statistiques fiables pour identifier, mesurer et caractériser la classe moyenne congolaise, un segment considéré comme stratégique pour la stabilité sociale et la croissance inclusive. Dans son keynote, le ministre de l’Entrepreneuriat a rappelé que l’émergence d’une classe moyenne solide constitue l’un des axes structurants de la vision portée par le président de la République, Félix Tshisekedi.
« On ne peut bâtir une politique salariale, fiscale ou infrastructurelle sérieuse sans la maîtrise rigoureuse des chiffres », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité pour l’État de fonder son action sur des données probantes afin d’orienter efficacement les décisions publiques et d’en évaluer les performances.

De son avis, la consolidation d’une classe moyenne structurée et économiquement active constitue un levier déterminant pour améliorer durablement les conditions de vie des populations et soutenir la modernisation de l’économie nationale.
Une première enquête nationale d’envergure
De son côté, le directeur général de l’APROCM a indiqué que l’enquête a été réalisée sur l’ensemble du territoire national par appels téléphoniques, en partenariat avec la société Congo Call Center. Cette étude a permis d’établir un état des lieux documenté de la classe moyenne congolaise et de recueillir des données inédites sur sa structure, son niveau de revenus et ses caractéristiques socio-économiques.

Qualifiant l’initiative d’« étape historique », Pascal Tchelo Mazombo a souligné qu’il s’agit de la première enquête scientifique nationale consacrée spécifiquement à cette catégorie sociale en République démocratique du Congo.
Le futur référentiel, a-t-il précisé, ne se limitera pas à un document technique. Il devrait servir d’instrument stratégique pour structurer l’action gouvernementale, définir des critères objectifs d’identification de la classe moyenne et constituer un socle statistique pour la planification économique.
À travers cet atelier, le gouvernement entend également enrichir les résultats de l’enquête grâce aux contributions des experts et parvenir à un consensus national sur la définition et la mesure de la classe moyenne congolaise. Dans la dynamique impulsée par la présidence et le gouvernement, le ministère de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME ambitionne de positionner cette catégorie sociale comme moteur central de la transformation économique et sociale du pays.
À l’instar de plusieurs économies émergentes, la RDC mise désormais sur une classe moyenne structurée pour stimuler la consommation intérieure, renforcer l’investissement productif et consolider la cohésion sociale.