Les exportations de produits agricoles de la République démocratique du Congo ont enregistré un recul en 2025, s’établissant à 433 millions de dollars, selon le rapport annuel du ministère du Commerce extérieur. Ce niveau est inférieur à celui observé en 2024, dans un contexte marqué notamment par la volatilité des prix internationaux de plusieurs matières premières agricoles.
D’après le document, la valeur des exportations agricoles congolaises reste principalement portée par le café, le cacao, le caoutchouc naturel, l’huile de palme et le bois. Toutefois, la baisse des cours internationaux observée vers la fin de l’année 2025 a pesé sur les performances de certaines filières, en particulier le café robusta, l’arabica et le cacao, réduisant les revenus des exportateurs.
Le café reste le principal produit d’exportation
Le rapport souligne que le café robusta demeure le premier produit agricole d’exportation du pays. Il est suivi du cacao, de l’huile de palme, du caoutchouc naturel et du bois.
Dans la perspective d’accroître la valeur ajoutée locale, les autorités congolaises ont engagé plusieurs initiatives visant la transformation des produits agricoles, notamment dans les filières cacao et gingembre.
Parmi les programmes de relance figure notamment l’initiative ATA-RDC lancée en 2022, ainsi que le projet de création de 10 hectares de pépinières communautaires par province, destiné à soutenir la production de plants et à renforcer les capacités des producteurs.
Des contraintes structurelles persistantes
Nonobstant ces initiatives, le secteur agricole congolais reste confronté à plusieurs défis structurels. Le rapport évoque notamment la faible productivité agricole, le déficit d’infrastructures logistiques et l’insécurité persistante dans l’Est du pays, qui limitent l’accès aux marchés et freinent les exportations. Dans ces conditions, seulement environ 15 % de la production agricole nationale est destinée à l’exportation, la majorité étant consommée localement ou utilisée pour la subsistance.
Par ailleurs, la RDC demeure fortement dépendante des importations alimentaires, dont la facture est estimée à plus de 600 milliards de FCFA par an, ce qui constitue un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire et la balance commerciale.
Selon les projections officielles, la croissance combinée des secteurs agriculture, forêt et pêche devrait atteindre 4,7 % en 2025, contre 3,9 % en 2024. Le projet de budget 2025 prévoit également une hausse de 13 % des ressources allouées au secteur agricole, dans l’objectif de dynamiser les filières d’exportation, notamment le café et le cacao.
À l’échelle globale, les exportations totales de la RDC ont atteint 13,9 milliards de dollars à fin juin 2025, dominées largement par les produits miniers. Les produits agricoles y occupent encore une place marginale.
Dans ce contexte, les autorités congolaises entendent diversifier l’économie nationale, fortement dépendante du secteur minier, en stimulant la production agricole et en encourageant la transformation locale des produits. Les prix internationaux des produits agricoles devraient rester relativement stables en 2025, même si des pressions baissières sont anticipées pour la période 2026-2027.