Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a appelé mardi 24 mars à une utilisation à bon escient de la rente minière pour construire une économie plus compétitive et relever les industries congolaises. Il s’exprimait lors de la cérémonie officielle de publication du rapport de la Banque mondiale sur la situation économique de la RDC.
Une croissance minière à transformer en levier industriel
Mukoko Samba a posé le diagnostic sans détour : la croissance enregistrée par la RDC au cours des deux dernières décennies repose quasi exclusivement sur la rente minière.
« La croissance que nous avons enregistrée ces deux dernières décennies, elle est essentiellement tirée par une rente minière. Et cette rente minière, il faut l’utiliser à bon escient pour construire une économie plus compétitive », a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs souligné que l’industrialisation est un processus de longue haleine, au cours duquel la RDC se retrouve aujourd’hui en position de faible compétitivité industrielle face à l’ensemble de ses voisins — une position défavorable depuis laquelle le pays doit reconstruire une base industrielle.

Sur le volet des réformes, le ministre a identifié deux priorités. La première est la réduction du coût de production, qu’il considère comme le seul rempart et la réforme la plus urgente.
« Je crois que la première réforme essentielle, c’est celle qui consisterait à baisser le coût de production. Baisser le coût de production est la réforme essentielle. Et cela passe par l’énergie, cela passe par la logistique, cela passe également par la réglementation et bien sûr par l’accès à des financements », a-t-il précisé.
La seconde réforme repose sur une politique de compétitivité ciblée. Le gouvernement a opté pour l’identification de trois à cinq filières exportatrices, dont le développement sera concentré sur des corridors logistiques précis, afin de rationaliser les investissements.
« Le gouvernement a levé l’option d’identifier trois à cinq filières exportables. Cette politique ciblée n’est pas simplement ciblée sur un certain nombre de produits, pas trop, sur un certain nombre de filières, mais également dans des corridors bien déterminés, de manière à concentrer les investissements. Voilà un peu les différents domaines dans lesquels le gouvernement est en train de travailler », a-t-il expliqué.
Le ministre a indiqué que le gouvernement finalise actuellement une feuille de route destinée à articuler ces différentes réformes, dans l’objectif de ressusciter des filières industrielles au sein de corridors logistiques intégrés aux grands axes continentaux africains.
Quant au rapport de la Banque mondiale, Mukoko Samba y voit un outil de plaidoyer auprès des décideurs. « Je pense que ce rapport va justement permettre d’attirer l’attention et de motiver le décideur final », a-t-il conclu.