Fer : comment la Chine s’annonce sur le projet MIFOR à 29 milliards USD en RDC

Début janvier, le gouvernement congolais a annoncé un plan de développement pour le projet de minerai de fer MIFOR doté de jusqu’à 20 milliards de tonnes de ressources cumulées. Si les indicateurs financiers annoncés semblent prometteurs, peu de détails ont filtré concernant les promoteurs.

En République démocratique du Congo, le gouvernement prévoit la mise en place d’un mécanisme de suivi de projets avec la Chine, incluant l’accompagnement de la future mine de minerai de fer MIFOR. Cette initiative intervient alors que le développement de cet actif estimé à 28,9 milliards USD reste en phase de structuration, sans partenaire financier ni promoteur officiellement identifié à ce stade.

Dévoilé en janvier, MIFOR est décrit comme un projet minier intégré, couvrant à la fois les infrastructures d’extraction et de transformation industrielles, ainsi qu’un corridor logistique dédié à l’acheminement de la future production. La mine annoncée devrait afficher une durée d’exploitation de 25 ans, avec une capacité de production initiale de 50 millions de tonnes par an, extensible jusqu’à 300 millions de tonnes annuelles.

Pour piloter la structuration du projet, Kinshasa avait alors annoncé la création d’une commission interministérielle élargie. Quelques mois plus tard, la coopération envisagée avec la Chine marque une nouvelle étape. Annoncée dans le cadre de la signature d’un mémorandum d’entente entre les ministres des Mines des deux pays en fin de semaine dernière, cette initiative vise notamment à accompagner la mise en œuvre de MIFOR.

Concrètement, le projet bénéficiera d’un « accompagnement prioritaire, avec la mobilisation d’entreprises membres de la Chambre de commerce chinoise et le déploiement progressif d’unités industrielles de valorisation à grande échelle ». Les contours précis de cette démarche restent toutefois à définir. Les éléments divulgués sont encore insuffisants pour évaluer l’ampleur de l’implication chinoise, alors que les autorités évoquaient déjà l’intérêt de plusieurs investisseurs pour MIFOR.

« Le projet a suscité l’intérêt d’investisseurs institutionnels internationaux disposant de capacités reconnues de structuration et de financement de projet macro-économiques, constituant un signal favorable de bancabilité et de crédibilité internationale, sans préjuger des décisions souveraines de l’État ni de créer d’engagement juridique à ce stade », peut-on lire dans une note du gouvernement datant de janvier.

Vers une présence consolidée pour Pékin ?

Au-delà du spectre de MIFOR, le mémorandum suggère une volonté du géant asiatique de consolider sa présence dans les mines congolaises, sur fond de percée d’autres acteurs comme les États-Unis. Le timing est d’autant plus révélateur avec la stratégie affichée par Kinshasa de diversifier ses partenaires miniers afin de réduire la domination de Pékin dans le secteur.

Déjà bien implantées dans les filières clés du cuivre et du cobalt, les entreprises chinoises pourraient ainsi contribuer au développement de cette exploitation de minerai de fer en gestation. Un exercice dans lequel elles s’illustrent déjà sur le continent, à l’image du mégaprojet de fer Simandou en Guinée, mené avec la participation d’acteurs tels que Chinalco et China Baowu Steel Group.

Pour autant, MIFOR n’en est encore qu’à ses prémices. Son modèle de développement n’est associé à aucune étude de faisabilité technique, condition pourtant indispensable pour évaluer la viabilité économique d’une mine. Aucun calendrier n’a encore été annoncé pour le lancement du chantier.

Dans l’attente de précisions sur ces points d’ombre, MIFOR se profile déjà comme un levier stratégique pour l’économie congolaise, dominée par l’exploitation du cuivre. Avec un chiffre d’affaires cumulé projeté à plus de 679 milliards USD sur sa durée de vie, le projet est présenté comme porteur de « retombées substantielles et diversifiées » pour l’État.

AE

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