Le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, a présidé mercredi 27 mai une réunion sectorielle consacrée à l’évaluation de la réponse nationale contre la maladie à virus Ebola, réunissant les responsables des principales institutions engagées dans la riposte. Il s’agit de la 17ᵉ épidémie à frapper la République démocratique du Congo, affectant les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.
Le plan national de riposte est budgétisé à 319 millions de dollars. L’État a débloqué en urgence une première enveloppe de 20 millions de dollars pour amorcer les opérations. Sa coordination est assurée par un Secrétariat technique dirigé par le professeur Jean-Jacques Muyembe Tamfum, directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB).
Trois axes opérationnels
Sur le plan thérapeutique : le gouvernement a négocié l’accès à un anticorps monoclonal américain actif sur les trois souches principales du virus Ebola, en vue d’essais cliniques sur les cas confirmés.
La logistique de riposte repose sur un mécanisme de déploiement accéléré : experts, matériel médical et infrastructures temporaires sont acheminés depuis Kinshasa vers l’est du pays en moins de 24 heures.
La surveillance épidémiologique se concentre sur l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Des mesures barrières — lavage des mains et prise de température — sont rendues obligatoires dans les zones à haut risque. Contrairement aux épidémies antérieures causées par la souche Zaïre, la présente flambée est attribuée à la souche Bundibugyo (BEBOV), réputée moins mortelle.
Le directeur général du CDC Afrique, le Dr Jean Kaseya, a précisé lors de la réunion que cette souche constitue pour l’heure une urgence sanitaire régionale, sans atteindre le seuil d’une pandémie mondiale. L’OMS recommande aux pays concernés de ne pas fermer leurs frontières ni d’imposer de restrictions aux voyages ou au commerce.
Prince OKENDE