RDC : le Grand Katanga concentre 31 % des 236.419 carrés miniers du pays, selon l’analyse du cabinet Target SARL

​Sur les 236.419 carrés miniers recensés à la date du 30 septembre 2025 en RDC, la répartition géographique révèle une polarisation marquée autour du Lualaba et du Haut-Katanga, dans un secteur dominé par l’exploration mais où les permis d’exploitation dessinent déjà une géographie productive bien établie.

​Ces deux provinces totalisent à elles seules 31 % des carrés miniers disponibles en République démocratique du Congo. C’est ce que révèle une analyse du cabinet d’études Target SARL, dirigé par le manager Serge Mumbu, s’appuyant sur les données du CAMI RDC.

​Le Lualaba arrive en tête avec 39.887 carrés (17 % du total national), devant le Haut-Katanga avec 34.140 carrés (14 %). Cette concentration dans le Grand Katanga confirme le rôle stratégique de la région dans l’exploitation minière nationale, notamment pour le cuivre et le cobalt, deux métaux au cœur des chaînes d’approvisionnement de la transition énergétique mondiale.

​Au-delà du Grand Katanga, d’autres provinces affichent une présence significative. Le Maniema se positionne au troisième rang avec 25.241 carrés (11 %), suivi du Tanganyika avec 20.575 carrés (9 %). Ces quatre provinces réunies concentrent plus de la moitié des carrés miniers du pays, tout en démontrant une géographie minière encore très inégalement distribuée sur le territoire national.

​Les provinces des Kivu complètent le tableau des zones à forte affluence : le Haut-Uélé comptabilise 16.140 carrés (7 %), l’Ituri 14 494 (6 %), le Nord-Kivu 14.462 (6 %) et le Sud-Kivu 13.671 (6 %). À l’opposé, des provinces comme Mongala (2 carrés), Sud-Ubangi (85), Nord-Ubangi (112) ou Sankuru (923) demeurent quasi absentes de la carte minière nationale.

​68 % des carrés sous permis de recherche : un secteur encore en phase d’exploration

​L’analyse de la structure des droits miniers en vigueur apporte un éclairage supplémentaire sur la maturité du secteur. Selon les données du cadastre, 68 % des carrés recensés sont couverts par des permis de recherche (PR), confirmant que le secteur minier congolais reste majoritairement orienté vers l’exploration. Ces permis de recherche sont principalement concentrés dans quatre provinces : le Lualaba (17 %), le Haut-Katanga (14 %), le Maniema (11 %) et le Tanganyika (9 %).

​Les permis d’exploitation (PE) représentent quant à eux 28 % des carrés, mais leur répartition géographique diffère sensiblement de celle des permis de recherche. Plus de 70 % de ces permis sont concentrés dans cinq provinces : le Haut-Katanga (22 %), le Haut-Uélé (14 %), le Maniema (13 %), le Lualaba (12 %) et l’Ituri (11 %).

​Les permis de petite mine : un outil encore marginal, mais ancré au Tanganyika

​Les permis d’exploitation de la petite mine (PEPM) ne représentent que 3 % des carrés, mais leur distribution géographique est instructive. Plus des trois quarts de ces permis sont concentrés dans quatre provinces : le Tanganyika (23 %), le Haut-Katanga (16 %), le Maniema (13 %), le Haut-Lomami (12 %) et le Sud-Kivu (11 %). La prépondérance du Tanganyika dans ce segment suggère une activité artisanale et semi-industrielle structurée autour de la petite mine, distincte du modèle d’exploitation à grande échelle qui prévaut dans le Lualaba ou le Haut-Katanga.

​L’évolution du nombre d’octrois de droits miniers depuis 1994 révèle une dynamique cyclique. Le graphique produit par Target SARL fait apparaître un premier pic significatif au début des années 2000, suivi d’une phase de repli, puis d’une nouvelle accélération au milieu des années 2010, avant un recul perceptible ces dernières années. Cette trajectoire reflète les effets conjugués des réformes du Code minier, des cycles de prix des matières premières et des aléas de gouvernance qui ont ponctué l’histoire extractive de la RDC.

​Prince OKENDE

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