Le commerce formel entre la République démocratique du Congo (RDC) et l’Angola stagne à environ 600 millions de dollars par an. Ce chiffre ne représente que 0,3 % du Produit intérieur brut (PIB) combiné des deux nations, estimé à 190 milliards de dollars.
Ce constat a été dressé par José de Lima Massano, ministre d’État angolais à la Coordination économique, lors de l’ouverture de la 3ème édition du Forum économique RDC-Angola, qui s’est ouverte ce mercredi 1er avril.
Placé sous le thème de l’intégration sous-régionale et du développement du commerce transfrontalier, l’événement vise à transformer la forte dynamique du secteur informel en partenariats structurés.
« Permettez-moi d’adresser un message plus direct aux entrepreneurs, investisseurs et opérateurs économiques présents : Nous faisons face à un marché commun d’environ 170 millions d’habitants, avec un produit intérieur brut combiné avoisinant 190 milliards de dollars américains. Le long de notre frontière commune d’environ 2.500 kilomètres, les échanges informels sont intenses, tandis que le commerce formel entre nos deux pays demeure limité, estimé à environ 600 millions de dollars par an, soit à peine 0,3 % du PIB combiné », a déclaré José de Lima Massano, ministre d’État angolais à la Coordination économique.
Pour éliminer les blocages administratifs et capter les flux financiers transfrontaliers, le secteur bancaire angolais passe à l’offensive. José de Lima Massano a révélé que plusieurs institutions financières de Luanda ont entamé des démarches auprès de la Banque centrale du Congo (BCC) afin d’obtenir des licences d’exploitation en RDC. Une initiative activement soutenue par les autorités angolaises pour sécuriser et formaliser les transactions.

Dupliquer le modèle du Corridor de Lobito
Au-delà de l’intégration financière, l’accent est mis sur la levée des barrières non tarifaires le long des 2 500 kilomètres de frontière commune. Luanda et Kinshasa souhaitent s’inspirer du modèle du Corridor de Lobito — qui associe déjà la Zambie — pour fluidifier le transport et le transit des marchandises.
La simplification des procédures douanières et le renforcement de la coordination institutionnelle sont désormais inscrits comme priorités de l’agenda bilatéral.
Cette feuille de route s’inscrit dans un contexte où l’Angola tente d’accélérer ses réformes structurelles pour diversifier son économie hors-pétrole et améliorer son climat des affaires, tandis que la RDC cherche à mieux intégrer ses provinces enclavées aux marchés régionaux.
DosEco