RDC : Ambroise Tshiyoyo plaide pour un enseignement tourné vers les besoins réels du pays pour résorber le chômage

Le Vice-président de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ambroise Tshiyoyo, a pris part mercredi 29 avril à un panel sur l’alignement des investissements dans le secteur éducatif, organisé par le ministère de l’Éducation nationale dans le cadre du forum du segment politique de haut niveau sur le financement de l’éducation et de la formation.

Son intervention a porté sur le rôle stratégique que le secteur privé doit jouer dans la transformation du système éducatif congolais. D’emblée, ce membre du patronat congolais a recadré le débat sur les causes profondes du chômage en RDC.

« Le plus grand problème du chômage, ce n’est pas le manque de financement. Le problème, c’est que notre économie est informelle. Les transactions dans le secteur formel ne représentent que 30 % des activités économiques dans le pays. Donc, le problème du chômage n’est pas forcément lié à l’éducation », a-t-il déclaré.

Pour autant, le Vice-président de la FEC n’a pas minimisé le rôle de la formation. Il a laissé entendre que la jeunesse, souvent présentée comme un atout pour le pays, ne peut constituer un levier de développement qu’à condition d’être éduquée et formée.

« Si cette jeunesse n’est pas formée, si elle n’est pas éduquée, c’est plutôt un handicap pour le développement du pays », a-t-il averti, appelant à « un enseignement tourné vers les besoins réels du pays ».

Le secteur privé, investisseur stratégique et non philanthrope

Sur la question de l’implication du patronat dans le financement de l’éducation, Ambroise Tshiyoyo a tenu à clarifier la posture de la FEC. « Nous ne sommes pas des ONG. Le secteur privé a pour objectif de créer des richesses. Donc, c’est le profit qui nous intéresse », a-t-il affirmé, avant d’expliquer la logique qui sous-tend néanmoins l’engagement du secteur privé dans l’éducation.

« Nous avons des opportunités d’affaires, mais nous avons besoin de compétences. Des compétences pour être compétitifs. Des compétences pour booster notre production. Des compétences pour créer des innovations. Des compétences pour maîtriser les coûts de nos entreprises », a-t-il détaillé, ajoutant que le coût des formations en entreprise « dépasse parfois nos profits ».

L’investissement dans l’éducation s’impose donc, selon lui, comme un choix rationnel. « C’est réellement un investissement stratégique pour augmenter notre productivité et créer plus de richesses. Ce n’est pas de la charité. Ce n’est pas un service social », a-t-il insisté.

Des mécanismes concrets pour structurer la participation privée

Le Vice-président de la FEC a par ailleurs identifié plusieurs leviers permettant de structurer et d’élargir la participation du secteur privé au financement éducatif. Il a cité les partenariats public-privé — pouvant couvrir la construction d’écoles, la gestion d’établissements existants ou des services connexes tels que le transport scolaire, le numérique et les cantines —, les cofinancements d’établissements privés agréés par l’État, ainsi que l’octroi de bourses ciblées sur des disciplines spécifiques.

Il a également mis en évidence la fiscalité incitative, qu’il désigne sous le terme de « dépense fiscale » : crédits d’impôt, mécanismes de défiscalisation liés à la responsabilité sociétale des entreprises orientée vers l’éducation, ou encore fonds dédiés associant secteur public, secteur privé et bailleurs de fonds internationaux.

« Chaque secteur, ou les entreprises, avancent, mais pas de manière structurée. Chacun agit selon ses propres objectifs, mais il faudrait un alignement avec les objectifs nationaux », a-t-il conclu, plaidant pour une coordination accrue entre acteurs publics et privés dans la définition d’une stratégie éducative cohérente avec les besoins de l’économie congolaise.

DosEco

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