La Première ministre, Judith Suminwa, a présidé, mardi 28 avril, le lancement du segment politique de haut niveau dédié au financement durable de l’éducation, organisé par la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu. La rencontre s’inscrit dans le cadre de la revue d’achèvement de la Stratégie sectorielle de l’éducation et de la formation (SSEF 2016-2025).
En effet, la période 2016-2025 a été marquée par une expansion significative du système éducatif congolais, portée par la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire. Cette réforme a permis à des millions d’enfants d’accéder à l’école, mais elle a également mis en lumière des fragilités structurelles persistantes : infrastructures insuffisantes, enseignants sous-payés, faibles niveaux d’apprentissage et inégalités territoriales prononcées.
La future stratégie 2026-2030 se fixe pour objectif de faire passer le système éducatif congolais d’une logique d’expansion à une logique de performance, d’équité et de résilience.
Trois axes gouvernementaux
Dans son allocution, la Première ministre a posé la question centrale des travaux : « Comment financer durablement un système éducatif inclusif et de qualité ? » Elle a précisé que le défi porte non seulement sur le volume des ressources, mais aussi sur leur efficacité, leur alignement et leur priorisation.
Le gouvernement entend structurer son action autour de trois axes : garantir la soutenabilité des réformes, notamment la gratuité de l’enseignement ; investir de manière plus stratégique dans la formation professionnelle, la recherche et l’innovation ; et mobiliser davantage de ressources en impliquant le secteur privé et en développant des mécanismes de financement innovants.
« L’éducation n’est pas seulement une priorité sociale ; c’est une condition de souveraineté, de stabilité et de transformation économique », a affirmé Judith Suminwa.
Un changement de paradigme revendiqué
La ministre d’État Raïssa Malu a pour sa part reconnu les tensions qu’a générées la gratuité sur le système : déficit structurel de financement, fragmentation des ressources et difficultés à généraliser les initiatives pilotes à l’échelle nationale. Elle a plaidé pour un changement de paradigme dans l’approche du financement sectoriel. « Financer l’éducation ne peut plus être seulement compris comme une dépense à couvrir. C’est un investissement à piloter », a-t-elle déclaré.

Quatre priorités pour les travaux
Les échanges s’articuleront autour de quatre priorités : consolider la gratuité et envisager son extension progressive ; améliorer l’efficacité et la redevabilité des financements ; renforcer la formation professionnelle et l’alphabétisation ; et soutenir la recherche, l’innovation et les compétences scientifiques. La future Stratégie sectorielle intérimaire de l’éducation et de la formation 2026-2030 devra conjuguer ambition et réalisme, avec des priorités claires, des financements alignés et des résultats mesurables.