Le Chef de l’État Félix Tshisekedi a officiellement ouvert, lundi 27 avril à Kinshasa, les états généraux des postes et télécommunications, organisés sous le thème « Postes et télécommunications, vecteur de la croissance économique et du développement ». La rencontre s’est tenue au Centre culturel et artistique d’Afrique centrale.
Dans son keynote, le Président de la République a identifié six priorités pour muer un secteur qu’il entend ériger en levier de la croissance économique nationale.
Six priorités pour un secteur stratégique
La première porte sur l’extension des infrastructures. Félix Tshisekedi a plaidé pour « l’accélération du déploiement de la fibre, le renforcement du backbone national, les interconnexions provinciales, les boucles métropolitaines », ainsi que le recours à des solutions satellitaires et hybrides pour couvrir les zones enclavées.
La deuxième priorité concerne la modernisation du cadre légal, réglementaire et fiscal.
« Le secteur ne peut pas se développer durablement dans l’incertitude, la dispersion des normes ou une fiscalité inadaptée. Il faut un environnement plus lisible, plus cohérent, plus attractif pour l’investissement et plus protecteur pour l’intérêt général », a-t-il soutenu.
La qualité du service et la protection des usagers constituent la troisième priorité, suivie de l’inclusion numérique et financière. Sur ce quatrième axe, le Chef de l’État a insisté sur le fait que les télécommunications ne doivent pas seulement connecter des centres urbains déjà relativement servis. Elles doivent aussi, selon lui, ouvrir des opportunités nouvelles dans les territoires, pour les populations rurales, pour les jeunes, pour les femmes, pour les petits entrepreneurs et pour les citoyens qui restent encore à distance du numérique.

L’éducation numérique, un investissement stratégique
La cinquième priorité est consacrée à l’éducation numérique et au développement du capital humain. Le chef de l’État a estimé qu’« il ne suffit pas de connecter le territoire ; il faut aussi préparer les femmes et les hommes appelés à vivre, à apprendre, à travailler et à entreprendre dans cet environnement nouveau ».
Il a précisé que cette éducation doit toucher l’école, l’université, la formation professionnelle, mais aussi l’administration publique et les initiatives entrepreneuriales, dans le cadre du programme d’actions du gouvernement 2024-2028.
« Former au numérique, c’est donc non seulement réduire la fracture technologique, mais aussi donner à la RDC les compétences dont elle a besoin pour réussir sa modernisation », a-t-il conclu sur ce point.
La sixième et dernière priorité porte sur la souveraineté technologique et la sécurité numérique. « La RDC doit pouvoir mieux protéger ses données, ses réseaux, ses administrations, ses infrastructures critiques et ses citoyens », a affirmé Félix Tshisekedi.
Un pacte sectoriel en vue
Le ministre des Postes et télécommunications, José Mpanda, a pour sa part salué des assises qu’il a qualifiées de « tournant décisif pour l’avenir numérique du pays », soulignant qu’elles constituent les premiers états généraux du secteur depuis l’indépendance de la RDC.
Il a annoncé la signature prochaine d’un pacte avec les partenaires du secteur, articulé autour de cinq piliers issus du programme d’actions du gouvernement, en vue d’accompagner « la vision de la RDC digitalement connectée à l’horizon 2030 ». Parmi les chantiers identifiés par le ministre figurent la révision du cadre légal et réglementaire, la modernisation des services postaux, la relance de la banque postale et du code postal, ainsi que la valorisation du patrimoine immobilier de la Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT).
José Mpanda a également pointé plusieurs défis structurels : la fracture numérique entre zones urbaines et rurales, l’insuffisance des infrastructures, la faible couverture nationale, le déficit de terminaux abordables et la nécessité d’améliorer le climat des affaires pour attirer davantage l’investissement privé.
Prince OKENDE