Le directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Miguel Kashal, a annoncé, lundi 27 avril à Kinshasa, lors d’un briefing presse animé par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le lancement imminent de contrôles de la sous-traitance à Kinshasa et dans la province du Lualaba. Cette opération est prévue pour la semaine prochaine.
« La sous-traitance ne concerne pas que les mines. Il est vrai que les mines font partie du moteur de notre économie, mais la sous-traitance concerne tous les secteurs de la vie économique de notre pays. C’est la raison pour laquelle, lorsque nous avons annoncé les contrôles, nous avons bien dit que nous allions commencer au Kongo-Central. Et du Kongo-Central, nous sommes allés dans le Haut-Uélé ; du Haut-Uélé, nous sommes allés à Mbuji-Mayi, au Kasaï-Oriental ; et du Kasaï-Oriental, nous allons maintenant aller au Lualaba. Donc, d’ici la semaine prochaine, nous lançons les contrôles au Lualaba sans oublier Kinshasa », a-t-il laissé entendre.
Sur les critères d’éligibilité, Miguel Kashal a rappelé les dispositions légales en vigueur : la loi exige une détention majoritairement congolaise du capital, fixée à 51 %, les actionnaires étrangers pouvant détenir jusqu’à 49 %.
« La loi n’exclut pas les expatriés. Ils sont aussi éligibles à la sous-traitance. C’est ce partenariat-là qui fait qu’on parle d’une société éligible », a-t-il expliqué.
Un bilan « très amer » au Kongo-Central
Les premiers contrôles effectués au Kongo-Central ont révélé de graves irrégularités, estime l’ARSP. « Très amer, parce que, déjà, au vu du nombre de sous-traitants qui ont été radiés, ce sont des sous-traitants au sein desquels il n’y a pas de Congolais. Cela veut dire que cela ne respecte pas les normes », a déploré le DG de l’ARSP.
Dans la foulée, Miguel Kashal a dénoncé la pratique d’entreprises opérant depuis l’étranger, qui captent des revenus générés en RDC sans y créer d’emplois ni contribuer à l’administration fiscale congolaise.
« Ceux qui veulent faire de l’argent au Congo doivent venir créer des emplois au Congo, s’installer au Congo et développer l’économie congolaise », a-t-il affirmé, annonçant une lutte résolue contre les systèmes de prête-noms et les montages offshore.
Un délai de régularisation accordé
Face aux entreprises radiées, l’ARSP a néanmoins ouvert une période de grâce de 30 jours pour permettre la relance des appels d’offres concernés. Miguel Kashal a également indiqué que l’autorité reste accessible aux opérateurs souhaitant introduire un recours. « Nous sommes là pour les échanges et pour voir comment faire avancer la sous-traitance dans notre pays », a-t-il conclu.
DosEco