Le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, a instruit le Vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, de superviser étroitement la Direction générale des corridors et du développement industriel, afin d’en assurer la coordination, le suivi et l’évaluation « dans une logique de performance et de redevabilité ».
L’instruction a été donnée lors de la 87e réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 24 avril 2026, dans le prolongement des orientations arrêtées à Lubumbashi le 18 avril 2025.
Le Chef de l’État a réaffirmé avec force que « nos corridors ne sauraient plus être de simples voies d’évacuation ». Située au cœur du continent et partageant ses frontières avec neuf pays voisins, la RDC a, selon lui, vocation à s’imposer comme un hub d’échanges interafricains, en conciliant la fluidité des flux avec l’intégration équilibrée de ses provinces.
Trois axes structurants ont été mis en avant. Le corridor Ouest Banana-Boma-Matadi-Kinshasa, adossé au port en eau profonde de Banana, est présenté comme une ouverture directe sur l’Atlantique et un « impératif de souveraineté économique ». Sa montée en puissance suppose toutefois une modernisation rapide de ses liaisons routières et ferroviaires.
Le corridor Sud, d’Ilebo à Lubumbashi via Dilolo-Sakania, demeure essentiel à la desserte minière, mais nécessite une réhabilitation urgente. Le corridor de Lobito, interconnecté au réseau ferroviaire angolais, apparaît, quant à lui, comme une alternative compétitive pour l’exportation des minerais. Sa mise en œuvre devra être accélérée.
Ces axes sont complétés par d’autres corridors — Est Lubumbashi-Kisangani via Kindu, corridor central via Kigoma et corridors transafricains — appelés à renforcer l’intégration continentale dans le cadre de la SADC et de la CEEAC, tout en réduisant les coûts logistiques.
Une architecture logistique articulée autour des RN39, RN7 et RN8
À en croire le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, le président de la République a insisté sur l’approche systémique devant sous-tendre le corridor de Lobito. Celle-ci repose notamment sur trois routes nationales aux fonctions complémentaires : la RN39, appelée à jouer le rôle de colonne vertébrale minière ; la RN7, présentée comme un axe de connexion nord-sud des bassins agricoles ; et la RN8, envisagée comme un vecteur d’intégration des zones forestières et agricoles de l’Ouest.
Ensemble, ces infrastructures doivent former « une chaîne logistique continue au service d’un espace économique intégré et compétitif ».
Quatre ministères en ordre de mission
Pour traduire ces orientations en actes, le président Tshisekedi a assigné des responsabilités précises à quatre membres du gouvernement.
Jean-Pierre Bemba, secondé par le ministre d’État à l’Industrie, devra garantir l’articulation effective entre les corridors et les infrastructures portuaires, aéroportuaires et logistiques. Le ministre des Finances veillera à la structuration de mécanismes de financement innovants, notamment à travers des partenariats public-privé, en particulier pour le corridor de Banana.
Le ministre des Infrastructures et Travaux publics devra, pour sa part, accélérer les études et engager sans délai les travaux prioritaires sur les axes critiques.
Enfin, le ministre de l’Aménagement du territoire aura la charge d’élaborer un schéma directeur destiné à assurer la cohérence spatiale et l’intégration des corridors dans une vision nationale unifiée.
Prince OKENDE