Portée de 300 millions de dollars en 2022 à 2,4 milliards en 2024, la sous-traitance en République démocratique du Congo a connu une progression fulgurante avant de rechuter à 1,7 milliard en 2025 sous l’effet du conflit armé à l’Est.
Ces chiffres ont été révélés par le directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Miguel Kashal, lors d’un briefing presse organisé lundi 27 avril à Kinshasa par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
La rencontre portait sur la régulation de la sous-traitance, les décisions et mesures en faveur des petites et moyennes entreprises (PME) congolaises agréées, dans la perspective de l’émergence d’une classe moyenne en RDC.
« Lors de mon premier état des lieux en 2022, il n’y avait que 300 millions de dollars de chiffre d’affaires. En 2023, nous sommes passés à plus de 2 milliards de dollars, ce qui démontre l’impact de la vulgarisation menée auprès des parties prenantes, avec une répartition de 51 % pour les Congolais contre 49 % pour les expatriés. En 2024, nous avons dépassé 2,4 milliards, avant de retomber à plus de 1,7 milliard en 2025, une baisse liée notamment à la guerre d’agression », a déclaré le DG Miguel Kashal.
Ces chiffres témoignent, selon lui, de la montée en puissance progressive du secteur, malgré les contraintes conjoncturelles qui pèsent sur l’économie nationale. La majorité congolaise dans la répartition du chiffre d’affaires — 51 % contre 49 % pour les expatriés — est présentée par le régulateur comme un acquis structurel, fruit de la politique de vulgarisation menée depuis 2022.

Les sociétés minières sommées de respecter la chaîne de valeur
Au-delà des statistiques, le DG de l’ARSP a abordé une question sensible : l’interdiction faite aux sociétés minières de commercialiser certains intrants tels que l’acide sulfurique, le charbon ou la chaux vive. Cette mesure vise explicitement à préserver l’espace économique des sous-traitants.
« La sous-traitance est une chaîne de valeur. La loi parle de sociétés sous-traitantes dans cette chaîne et non des sociétés principales. Pour ces réactifs, les sociétés principales n’ont pas qualité pour les vendre. Une société minière a pour objet la production, la découverture et la commercialisation des minerais. On ne peut pas lui accorder une licence pour exercer des activités secondaires, sinon il n’y a plus de place pour la sous-traitance », a-t-il affirmé.

Miguel Kashal a précisé que ces activités relèvent exclusivement d’entreprises spécialisées, appelant les sociétés minières à recourir aux structures habilitées. « Nous avons demandé aux sociétés principales de travailler avec des maisons de distribution ayant qualité de sous-traitant », a-t-il conclu, tout en soulignant la nécessité de structurer un écosystème favorable aux opérateurs économiques locaux.
DosEco