En marge de la signature de l’Accord international sur le cacao à Abidjan, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a indiqué mercredi 03 juin que la RDC entend s’inspirer de l’expérience ivoirienne pour structurer sa filière cacao. L’approche repose notamment sur l’organisation des producteurs en coopératives, la transformation locale des fèves et le développement d’une offre énergétique capable de soutenir l’industrialisation.
En déplacement à Abidjan, où il a signé l’Accord international sur le cacao consacrant l’adhésion de la RDC à l’Organisation internationale du cacao (ICCO), Julien Paluku Kahongya a indiqué avoir examiné les ressorts du succès ivoirien : l’organisation des producteurs en coopératives locales, la capacité à absorber la volatilité des cours mondiaux et la gestion des crises de filière. Autant de leviers que Kinshasa dit vouloir transposer pour accélérer la mise en œuvre de son plan d’action national.
Dans une publication faite sur son compte X, le ministre met en relief une double exigence pour le continent. La première porte sur la transformation locale des fèves, présentée comme la condition pour capter sur le sol africain une valeur ajoutée — emplois, industrie, recettes fiscales — encore largement captée hors du continent. La seconde vise la conquête du marché intérieur africain, fort d’un bassin de 1,4 milliard de consommateurs, afin de stimuler la consommation interne et de réduire la dépendance aux débouchés extérieurs.
Cette ambition industrielle reste toutefois conditionnée à la disponibilité d’une énergie abondante et stable. Sur ce point, Julien Paluku a estimé que le projet hydroélectrique Grand Inga, dont le potentiel théorique est évalué à 44 000 MW, pourrait constituer à terme un levier majeur pour soutenir l’industrialisation du continent. Le projet demeure cependant largement à l’état d’étude, plusieurs de ses phases restant en quête de financement et son calendrier encore incertain.
Au-delà des politiques nationales, Kinshasa et Abidjan affichent par ailleurs la volonté de bâtir une alliance face à une préoccupation commune. Selon Julien Paluku, le développement de produits de substitution au cacao dans certains marchés occidentaux contribue à réduire les débouchés pour les producteurs africains.
Selon les données présentées par le ministère du Commerce extérieur, les exportations congolaises de cacao sont passées d’environ 47 000 tonnes en 2021 à plus de 92 000 tonnes en 2025.
DEL