À moins d’un mois du retour annoncé de la pluie, le président de la République Félix Tshisekedi a demandé au ministre des Finances Doudou Fwamba d’accélérer le déblocage des fonds destinés aux travaux d’urgence à Kinshasa, afin de prévenir de nouvelles inondations meurtrières.
Lors de la réunion du conseil des ministres tenue vendredi 22 août, le président de la République Félix Tshisekedi est revenu sur les événements des pluies diluviennes qui se sont abattues sur Kinshasa les 4 et 5 avril 2025, ainsi que sur le Kongo central, provoquant des conséquences particulièrement graves.
En effet, outre la dégradation de plusieurs infrastructures routières et d’assainissement, ces intempéries ont entraîné des inondations massives dans certains quartiers, aggravé des foyers d’érosion déjà actifs et surtout occasionné un bilan dramatique en pertes de vies humaines et en destructions de biens publics et privés.
Conscient de la gravité de ces événements et de la vulnérabilité croissante des populations face au changement climatique, le chef de l’État avait souligné la nécessité de lancer sans délai un programme d’intervention incluant la réhabilitation d’infrastructures critiques, le curage des caniveaux, la stabilisation des zones d’érosion et l’acquisition de dragues pour le fleuve et ses affluents.
Il lui a été rapporté que, conformément aux instructions données, le Trésor public a mobilisé les ressources financières nécessaires en vue de leur mise à disposition de l’office de voirie et drainage.
Néanmoins, la complexité des procédures administratives, notamment l’obtention des avis de non-objection de la DGCMP, les contrôles obligatoires de l’IGF et d’autres formalités, n’ont pas permis aux entreprises adjudicataires de recevoir les premiers décaissements que très récemment.
En conséquence, plusieurs opérations stratégiques n’ont pas encore été engagées ou accusent un retard préjudiciable. Il a cité pour exemple l’acquisition de dragues multifonctions indispensables pour le dragage du fleuve et de ses affluents, ou encore l’implantation de stations limnimétriques en amont des principales rivières, outils essentiels pour améliorer notre capacité d’anticipation et d’alerte en cas d’émeute de zones.
Dans le même ordre d’idées, à la suite de ces pluies, des travaux d’envergure étaient attendus afin de prévenir la répétition des dégâts à constater, notamment sur la route de l’aéroport international de N’djili à hauteur du quartier des Bonhommes, ou encore sur la route nationale numéro 1 au niveau de Kasangulu, où de graves perturbations de la circulation ont été enregistrées.
Cela étant, il a évoqué l’impérieuse nécessité pour le gouvernement, à travers le ministère des Finances, de procéder avec encadrement et sans délai à la libération des fonds non encore bloqués, conditions sine qua non pour accélérer la cadence des chantiers ouverts et initier ceux qui demeurent en suspens.
À défaut, a-t-il précisé, le gouvernement coure le risque de revivre des catastrophes pourtant évitables, ce qui exposerait les concitoyens à de nouvelles pertes en vies humaines et matérielles et mettrait en cause la crédibilité de notre action.
Félix Tshisekedi a prévu de convoquer dans les prochains jours une réunion d’évaluation sur ce dossier, réunissant les membres du gouvernement mais aussi tous les autres services techniques concernés.
Prince OKENDE